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Commémoration de l’esclavage - 10 mai

vendredi 9 mai 2008, par Webmaître

c’est le 10 Mai 2001, au terme d’une âpre bataille législative, que le Sénat avait adopté, en seconde lecture, la loi dite Taubira, reconnaissant l’esclavage comme crime contre l’humanité.

On s’en souvient, en 2005 le Comité pour la mémoire de l’esclavage, présidé par Maryse Condé, avait proposé la date du 10 Mai pour marquer les commémorations sur l’esclavage. Jean-Pierre Raffarin, alors premier ministre, n’avait pris aucune décision à l’époque, se contentant d’annoncer qu’une décision serait prise « l’année prochaine » donc en 2006.

Un référendum et une crise des banlieues plus tard le problème est revenu sur la table, et Jacques Chirac s’en est saisi, quelques semaines après les polémiques ayant entouré le désormais célébère « Article 4 » de la loi du 23 Février 2005 recommandant aux manuels scolaires d’enseigner en particulier le « rôle positif » de la colonisation française.

Jacques Chirac a finalement tranché, et ce sera le 10 Mai, comme l’avait recommandé, suscitant une vive polémique, le comité présidé par Maryse Condé. En effet, outre les dates déjà existantes et propres à chaque région, le 27 mai en Guadeloupe, le 10 juin en Guyane, le 22 mai en Martinique, le 20 décembre à la Réunion et le 27 avril à Mayotte auxquelles le 10 Mai « ne se substituera pas » d’après Jacques Chirac, des voix fortes s’étaient élevées pour proposer le 22 ou le 23 Mai.
Le 23 Mai notamment en souvenir de la grande marche du 23 Mai 1998 qui avait réuni entre 40 et 50.000 afro-antillais dans les rues de Paris selon les sources, pour célébrer le cent-cinquantenaire de l’abolition de l’esclavage.
Le 22 Mai avait également été proposé, mais d’un point de vue populaire, en 2005 le 23 Mai avait fait plus « recette » que le 22, même si on peut déplorer l’appel des organisateurs qui s’adressaient en gros aux « antillais et à leurs amis », comme si les africains n’étaient pas concernés au premier chef par l’esclavage : Grioo.com avait eu l’occasion de s’émouvoir de cette ségrégation au sein d’une communauté déjà divisée.

Les opposants au 10 Mai trouvaient que cette date, proposée parce que c’est le 10 Mai 2001, au terme d’une âpre bataille législative, que le Sénat avait adopté, en seconde lecture, la loi dite Taubira, reconnaissant l’esclavage comme crime contre l’humanité.