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Les préjugés autour de la pédocriminalité intrafamiliale

Première liste et références

mercredi 2 février 2000, par Naja

Voici une première liste de préjugés entendus ou lus depuis environ deux ans. Je les ai vaguement ordonné par thèmes. Ce texte est une ébauche destinée à être complétée, enrichie et commentée afin de servir d’élément de réflexion en vue de futurs articles sur le thème de la pédocriminalité intrafamiliale.
Il y a un certain nombre de points qui ne sont pas spécifiques à l’inceste mais servis à son propos, entre autres.
Je les liste comme si c’était moi qui les formulais, je m’exprime en mon nom en italique dans les parenthèses.

Victimes, agresseurs, actes

- L’agresseur est le plus souvent pauvre, alcoolique, attardé mental, irresponsable.

- Dans 90% des cas, il a lui-même été victime de la même chose auparavant (Je ne sais plus où j’ai lu ce chiffre).

- L’abus se déroule nécessairement avec usage de force, violence physique surajoutée, menaces etc. Sous entendu : si la victime ne dit pas non et se laisse faire c’est qu’elle plus ou moins qu’elle consent.

- Si elle se tait et que l’abus se perpétue, c’est que ce n’est pas si horrible que cela, sinon elle parlerait pour mettre fin à son calvaire.

- Il est toujours facile de s’apercevoir qu’un enfant est abusé de par son comportement à l’extérieur : mauvais résultats à l’école, solitaire, obèse, anorexique, asocial, violent, etc. etc. Et dès que quelqu’un se doute, il vient bien sûr en aide à l’enfant.

- L’inceste un viol ou une agression, point barre. Déjà réprimé par la loi, merci au revoir.

Spécial frère sœurs

- Les faits commis par un mineur sont des jeux de touche pipi.

- Comme il ne pensait pas à mal et n’était pas totalement responsable de ses actes, ce n’est pas si grave.

La révélation (1)

- Quand un enfant parle, il est nécessairement cru.

- Un(e) conjoint(e) de parent incestueux préfèrera toujours croire et protéger son enfant plutôt que préserver son couple.

- Il faut sauver les meubles et éviter de faire éclater la famille pour le bien de l’enfant, afin de ne pas le priver de ses repères. Il vaut mieux envisager des thérapies familiales que des poursuites en justice par exemple.

- De toute façon, la procédure serait plus traumatisante que l’abus.

- Ce n’est d’ailleurs pas tant l’abus qui est traumatisant en soi que la façon dont il est perçu par l’entourage : misérabilisme et exagération de la gravité par l’adulte horrifié. Le traumatisme existe avant tout dans le regard de l’autre qui risque d’entretenir et augmenter la souffrance de la victime si en fait trop.

La révélation (2)

- Il est impossible d’avoir subi l’inceste et de continuer à côtoyer son agresseur comme si de rien était à l’âge adulte. Impossible de continuer à l’aimer, passer du temps seul avec lui, etc. (Bon, ça ce sont plus ou moins les arguments de défense de mon père en même temps...).

- Quand un inceste est dénoncé, même tardivement, toute la famille prend a priori le parti de la supposée victime et exclut l’agresseur, sans aucune preuve. (Sous entendu : et bien souvent c’est injuste... car on ne sait pas si la pseudo victime ment ou pas.)

La vie après l’inceste, l’image des victimes

- Les violences se transmettant de génération en génération, les victimes ont plus de chances que les autres de commettre des crimes ou d’être complices plus tard.

- C’est marqué sur leur front, les ravages sont visibles. Elles en parlent sans doute autour d’elles et bassinent leur entourage avec leur souffrance. Elles donnent toujours des détails trop crus, pornographiques, qu’elles devraient avoir la décence de ne pas étaler aux quatre vents.
=> Conclusion : « il n’y a pas de victimes dans mon entourage ».

- Une vraie victime reste discrète sur ce qu’elle a subi et ne donne pas de détails. Les grandes douleurs sont muettes. (Les préjugés sont parfois contradictoires. En voilà un que je me suis entendue dire après avoir donné deux détails dans un débat. La conclusion de mon interlocuteur fut que je mentais... et accessoirement, que j’étais une pédophile masquée).

- Elles sont entendues comme il se doit et de nos jours, les psychologue sont dument formés pour leur venir en aide.

- Leur vie est foutue à jamais.

- Elles se victimisent à qui mieux mieux, c’est à dire geignent et se complaisent dans leur souffrance alors qu’il faudrait tirer un trait sur le passé et aller de l’avant. Carpe diem, en voiture Simone. Et croyez bien que c’est dans leur intérêt que je dénonce leur faiblesse et les effets néfastes de la complaisance d’autrui.

- Leur histoire les a rendues demeurées et incapables de penser rationnellement. Elles sont hystériques et stupides ce qui les rend inaptes à discuter des sujets de sociétés entourant la violence. « Môa, non victime et ignorant sur le sujet, je suis bien mieux placé pour en parler que toi. Car je suis objectif, contrairement à toi. Mais vois comme je suis magnanime : je comprends que tu sois trop affectée pour espérer arriver à ma cheville et je ne te tiens pas rigueur de ta bêtise et de ta faiblesse ».

- La connaissance de leur passé force au silence et au respect au point d’en faire des figures inattaquables et héroïques. Il leur est alors facile pour elle d’abuser du pouvoir que la sidération provoque chez l’autre (sacralisation et tutti quanti).

- Elles sont nécessairement rongées par la haine la vie durant. Sauf si elles en viennent à pardonner, ce qui l’issue la plus souhaitable pour elles. « Sinon, tu périras en enfer... si d’aventure tu ne deviens pas à ton tour nocive voir criminelle, à force d’être bouffée par l’amertume. »

L’image des prédateurs après l’inceste

- Ils ont changé et regrettent. Il serait injuste de les condamner 20 après et de ne pas leur donner le droit à l’amendement spontané.

- Tous les parents aiment leurs enfants, mais ils peuvent les aimer mal. (Commentaire émis le plus souvent au sujet du parent complice, s’il y a. Mais parfois au sujet de l’agresseur aussi).

La justice et les victimes

- Il y a au moins 50% de fausses allégations : faux souvenirs, SAP.

- Le jugement n’est pas réparateur, il rouvre les plaies.

- De plus en plus souvent, les plaignants sont crus a priori et leur parole fait office de preuve suffisante, d’où une recrudescence d’erreurs judiciaires. (Et de brandir Outreau en argument).

- Pourtant, quand c’est seulement la parole de l’un contre celle de l’autre, (et c’est bien souvent le cas), on ne peut pas raisonnablement pas trancher sans risquer de condamner un innocent. Les experts psychologues et psychiatres prétendent pouvoir dire où est la vérité mais c’est un leurre. Ils se subtituent de plus en plus aux magistrats d’ailleurs.

- Les agresseurs jugés coupables sont toujours lourdement condamnés, trop lourdement, de plus en plus lourdement.

- La justice octroie aux victimes beaucoup trop de considération. Il y a trop de place pour l’affect et l’individu en justice de nos jours. Or le pénal se doit de considérer les choses sur un plan collectif seulement : la justice n’est pas là pour faire plaisir aux victimes (déni de la valeur de l’équité). Ces dernières profitent de l’émotion qu’elles suscitent et n’hésitent pas à en rajouter pour manipuler juges et jurés en leur faveur. Sachant que l’affect trouble le jugement, il convient ignorer leur douleur afin d’être le plus juste possible. En même temps, on ne peut pas trop les en blâmer, les pauvres petites choses n’en sont pas conscientes.

- Les victimes confondent esprit de vengeance et justice, elles veulent toutes des peines toujours plus lourdes et ce ne sera jamais suffisant. La danger est que leurs demandes illégitimes tendent à être de plus en plus satisfaites ce qui amène à des jugements iniques.

- Elles sont majoritairement pour la peine de mort d’ailleurs. « Et on les comprend, ce serait mon cas aussi si quelqu’un touchait à mon enfant »

- Les officiers de police ne sortent plus d’énormités insultantes. Ils sont désormais formés à l’accueil des victimes, ils sont délicats et respectueux. (lol)

- Il n’y a jamais poursuite en dénonciation calomnieuse suite à un non lieu, ou alors elles n’aboutissent pas. Pas de danger, c’est un mythe !

- Grâce aux avancées de ces dernières années, les droits des victimes sont presque toujours respectés maintenant.

La société et les victimes

- Au delà de la justice, la société en général donne un avantage honteux aux victimes. Nous vivons dans une société victimaire (... où c’est la loi du plus fort qui prévaut)

- C’est à cause des victimes que les politiques virent liberticides et diabolisateurs, en exauçant les voeux de ces dernières.

- On assiste désormais à une véritable course à la gloire des victimes dans les médias. En résulte une compétition dans la souffrance et l’exagération des traumatismes qui nuit aux pauvres victimes prises au piège.

- On légifère trop dans notre société, il faut arrêter maintenant ! (Conclusion :les demandes relatives à la prise en compte de l’inceste sont forcément abusives.)

- Une pléthore d’associations de victimes de tout poil se sont créées ces dernières années. Elles forment un lobby dont la puissance est de plus en plus inquiétant et font par ailleurs état d’un manque certain de professionnalisme : chiffres grossis, abus de pouvoirs par la fibre émotionelle etc.

- Les victimes sont individuellement responsables de leur honte. Si les agresseurs ne sont pas condamnés, c’est avant tout leur faute, elles n’ont qu’à parler à temps. Ils faut arrêter d’accuser la société à tout bout de champ, ça ne veut rien dire. Chacun est un citoyen responsable !

- Ce que les association de défense de l’inceste veulent protéger, c’est finalement l’innocence et la grâce de l’enfance. Cette remarque est le plus souvent assénée comme une critique qui fait référence au mythe de l’enfance.

Tentatives d’explications du « phénomène de la pédophilie »

- C’est d’abord la faute au porno, à internet, à l’image, à la télévision.

- Toutes ces gamines qui se promènent en string dès 12 ans sont provocantes.

Des injonctions au silence, bonus tracks

- Ça a toujours existé et existera toujours, ça sert à rien d’en faire tout un foin, c’est comme ça.

- Il y a pire. Regardez les petits chinois réduits à l’esclavage ! « Tu nous emmerdes avec ton inceste, ne vois-tu pas l’indécence de ta plainte face aux malheurs du monde ? »

- L’enfer est pavé de bonnes intentions.

- Attention, le remède est bien souvent pire que le mal !

Quelques exemples de préjugés assénés dans des articles ou en commentaires

Le crime d’inceste désormais au pénal : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=50776
(Il y a presque tout, c’est ça qui est bien !)

Rions un peu avec Le Figaro : de l’inceste et de tous ceux qui le commettent... :
http://www.article11.info/spip/spip.php?article281
(La même, en pire. Voir les commentaires.)

La place des victimes sur la scène pénale : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=50071
(Pour la partie victime/justice ; victimes/société. Sacralisation, victimisation et glorification.)

Victime, piège ou métier d’avenir : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=28598
(Glorification, le retour.)

Tous les souvenirs sont faux : http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=1044332&clef=ARC-TRK-G_01#ens_id=1073247
(Les faux souvenirs dans le monde. L’article est désormais en accès payant, dommage.)

Un site d’informations destiné aux victimes de faux souvenirs :
http://www.acalpa.org/faux_souvenir_et_fausse_memoire.htm
(Je n’ai pas tout lu.)

Les fausses allégations et le devoir de porter plainte, le point de vue personnel d’un policier : http://forum.doctissimo.fr/doctissimo/pedophilie-viol/policier-ferais-parler-sujet_1874_1.htm
(Voir entre autres pages 1, 2 et réponses à mes provocations pages 76)

Et bien sûr :

La prescription des crimes sexuels commis sur les enfants : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=10156
(Il y en a des belles dans le débat)

La suisse surprime toute prescription pour les crimes pédosexuels : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=48197
(Belote)

Pédophilie, abus sexuels, attouchements... halte aux gros mots !
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=22088
(Rebelote)

Parution : Inceste et pédocriminalité : crimes contre l’humanité de Kieser ’l Baz Illel, éditions de la Fondation Fleur de Lys, Montreal, 300 p., 15 x 21 cm. (Amérique du Nord) & Editions Lierre et Coudrier.

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