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Le mythe des fausses allégations

Par Thomas P. Doyle, J.C.D., C.A.D.C.

vendredi 21 janvier 2011, par Khagan Victor

THE MYTH OF FALSE CLAIMS AND ACCUSATIONS

OF CLERGY SEXUAL ABUSE

Thomas P. Doyle, J.C.D., C.A.D.C.

Mars 2007 - révisé en juillet 2008
Traduit de l’anglais par V. Khagan

Parution originale :
http://www.richardsipe.com/Doyle/2008/2008-07-myth_of_false_claims_revised.htm

 
 
 
1. L’étude du John Jay College a signalé que, entre 1950 et 2004, on comptait 10.667 accusations documentées et rapports sur des faits d’abus sexuels par des religieux catholiques aux États-Unis. Il n’a pas été fait d’étude sur des faits similaires dans d’autres pays qui établissent actuellement leurs rapports extensifs sur des abus par des clercs, tels que l’Irlande, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Il est très généralement considéré que, puisqu’il est admis que environ 30 à 35% des personnes victimes d’abus sexuels seulement dévoilent les abus subis, le nombre réel de clercs abuseurs est beaucoup plus élevé.
 
2. Les autorités de l’Église catholique ont régulièrement affirmé qu’il y avait un nombre important de fausses allégations et de fausses accusations. Cette affirmation est souvent utilisée par les évêques et par les « conférences » catholiques dans leurs stratégies visant à contrer toute tentative de réforme législative.
 
3. Aucun diocèse catholique ni aucune autre source l’ayant affirmé n’a fourni de preuves documentaire qu’il y ait eu un nombre important de fausses allégations. En fait, aucune personne disant cela n’a même produit le moindre élément de preuve factuelle ou même officieuse.
 
4. Certains ont prétendu que la « fenêtre » législative ouverte en Californie était le résultat d’un flot de fausses allégations. En fait, suite à l’apparition de cette « fenêtre », il y a eu alentour de 1.200 nouvelles poursuites légales alléguant des abus sexuels. De ce nombre, environ 800 à 850 d’entre elles concernait un même diocèse catholique romain d’Ordre religieux. Les avocats qui représentaient les requérants ont signalé que 3 demandes seulement étaient fausses. Il s’agissait de cas où la personne avait fait une fausse déclaration.
 
5. Il y a eu des milliers de poursuites légales aux seuls États-Unis depuis 1985. La majorité d’entre elles ont été déposées depuis 2002. La plupart d’entre elles ont débouché sur des règlements par arbitrage (médiation) ou par accords entre les parties et leurs avocats. Un nombre important de cas ont été rejetés par les tribunaux mais aucun n’a été rejeté pour déclaration mensongère, seulement en raison de la loi de prescription. Cela signifie seulement que le demandeur n’a pas déposé sa plainte dans les délais définis par la loi de l’État.
 
6. Quasi tous les avocats représentant des victimes de clercs potentielles les ont soumises à une entrevue sélective minutieuse. Dans certains cas, les avocats ont préféré s’abstenir. Dans la majorité des cas dont j’aie pu connaître le motif, l’avocat avait conclu que l’affaire était prescrite ou qu’il serait difficile ou impossible de fournir des preuves.
 
7. Il y a une différence fondamentale entre une revendication intentionnellement fausse et une revendication erronée. Une fausse déclaration est essentiellement un mensonge. Une allégation erronée est l’appréciation d’une personne sur le fait d’avoir été sexuellement harcelé(e) alors que l’action sur laquelle était fondée cette allégation s’est avérée ne pas être un « geste sexual » dans toutes ses formes. Il y a eu des cas où la personne croyait avoir été abusée sexuellement alors que, en fait, la croyance est fondée uniquement sur l’imagination ou sur une perception totalement subjective. Par exemple, une personne que je connaissais croyait avoir été abusée quand il s’est avéré qu’elle avait imaginé l’abus uniquement de par le regard du prêtre. Il y a eu d’autres cas résultant d’un contact accidentel qui avait été exagéré par la personne alors que, en fait, il n’y avait aucune intention ou connotation sexuelle. Dans presque tous les cas de cette nature, le plaignant a été diagnostiqué en quelque mesure pour instabilité mentale ou émotionnelle.
 
8. Il y a eu de nombreux cas où le clerc accusé a nié l’allégation ou rejeté la déclaration sous prétexte de malentendu. Dans presque tous ces cas, une enquête claire a déterminé que le rapport comme abus sexuel était exact.
 
9. Conclusion
 
Il y a eu des milliers de déclarations d’abus sexuels par des clercs aux États-Unis. Ces rapports couvrent une période de plus de cinquante ans. Bien que les évêques affirment souvent qu’il ya eu très peu de cas réels dans leurs diocèses, les fichiers diocésains découverts durant l’instruction ont fait état de signalements d’abus sexuels pendant des décennies.
 
Il existe des preuves documentaires pour les 10.667 rapports mentionnés dans l’étude de John Jay. Depuis la publication de l’étude, des centaines d’autres cas ont été révélés à partir de la même période.
 
Il existe des preuves documentaires disponibles d’environ 20 cas d’allégations fausses ou erronées pour la même période. Il existe des preuves de trois fausses allégations sur les 800 à 850 réclamations en Californie.
 
Les informations contenues dans cette note sont le résultat de mon expérience en tant que témoin expert / consultant depuis 1986. J’ai parlé personnellement avec chaque avocat qui représentait des plaignants en Californie et j’ai interrogé plusieurs douzaines d’autres avocats au sujet d’allégations fausses ou erronées. Je me suis personnellement impliqué dans huit cas pour lesquels l’allégation fut considérée comme non fidèle à la vérité : trois étaient fondées sur des déclarations malhonnêtes et les autres sur des informations erronées.

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