Accueil > Criminologie > Action et prévention des maltraitance d’enfants aux USA

Action et prévention des maltraitance d’enfants aux USA

lundi 22 janvier 2007, par Webmaître

Les cas d’abus envers les enfants, qu’ils soient sexuels ou qu’il s’agisse de maltraitance physique ou mentale sont malheureusement des phénomènes mondiaux. Plusieurs pays ont pris de longue date des mesures d’intervention, de prévention et d’information. D’où l’intérêt d’en connaître les programmes et d’en étudier les résultats.

L’Europe connaît, de ce point de vue, un retard considérable que les élus et les politiques ne semblent pas vouloir combler, sauf à faire parfois des déclarations très électoralistes.
 
Aux USA, il existe depuis de nombreuses années, des organismes en constante évolution. Une véritable chaîne de solidarité est mise en place dans tous les états. Chaîne composée de professionnels bénévoles, la plupart du temps, et de volontaires formés à ces types d’abus.
 
Dans ces organismes se trouvent, des médecins, des psychiatres, des pédopsychiatres, des médiateurs, des assistants (es) sociales, des avocats, des infirmiers (ières), des officiers de police ainsi que des personnes qui sont formées par les associations et qui sont soumises à une enquête préalable. Les critères de recrutement des bénévoles et sont stricts, ce qui permet aux associations de conserver leur crédibilité auprès de la justice et des institutions.
 
Dans les cas de maltraitances et d’abus mentaux.
Les problèmes au sein d’une famille peuvent être signalés aux organismes d’aides par les hôpitaux, les écoles, les églises, les membres de la famille, le voisinage ou parfois par le référant lui-même.
 
Une fois la demande d’aide faite, une visite est organisée dans la famille pour déterminer les besoins et juger du niveau de gravité de la situation. Les visites se feront à un rythme divers, selon les cas, allant de 1 visite par semaine ou 1 visite tous les 15 jours et cela pendant un an. (Ceci varie selon les cas et l’évolution)
Durant ces visites, les divers spécialistes aideront la famille dans des domaines divers :
 
Pour la sécurité domestique
Problèmes nutritionnels
Problèmes budgétaires et financiers
Apprendre à communiquer avec son enfant
Apprendre à contenir son caractère, sa mauvaise humeur
Les méthodes de discipline
Apporter une aide judiciaire et obtenir le soutien des organismes d’aide aux familles
 
Pour d’autres aspects de la vie familiale :
Les problèmes de déplacements
L’emploi
Le logement temporaire si nécessaire
Les gardes d’enfants
Et autres
 
Des sessions de travail avec les enfants sont également prises en charge par les associations et les spécialistes afin qu’ils ne tombent pas dans un cercle infernal et leur éviter de :
Tomber dans des activités criminelles
Tomber dans l’usage de la drogue
Ne plus aller en classe
Développer des maladies mentales
Et le pire de tout : reproduire les abus dont ils sont victimes et ainsi refermer le cercle de la violence domestique en devenant les bourreaux de leurs propres enfants
 
 
En ce qui concerne les abus sexuels
Le même type d’associations existe.
Avec également des cours dispensés dans les écoles, les collèges et les lycées pour apprendre aux jeunes, non seulement à aller vers les adultes pour se confier, à reconnaître l’adulte en qui ils peuvent avoir confiance. Mais aussi à comprendre que dénoncer un crime sur un enfant, ce n’est pas être un traître, un lâche, ce n’est pas cancaner ni être un délateur mais un être responsable. Le signalement est considéré comme un acte civique.
 
Ressentir ce qui se passe autour de soi. Faire attention à ce que l’enfant voit, entend, sent, goûte et touche. Est-ce potentiellement dangereux ?
Y penser. Quelqu’un peut-il être blessé ?
Agir ! Il y a plusieurs possibilités
Briser la loi du silence.
 
 
Il faut que les enfants apprennent à travailler indépendamment mais aussi avec leurs amis, sachent quelle est la meilleure décision à prendre et à être une source fiable de témoignage.
Les enfants doivent apprendre comprendre ce qui est bien et ce qui est mal, ce qui est illégal et dangereux. Briser ce code du silence peut faire du mal à quelqu’un et déclencher une investigation. Il faut donc leur apprendre que ce processus est normal mais qu’ils doivent être sûrs de ce dont ils témoignent.
 
C’est ce qui est enseigné lors des conférences données dans les écoles. Parallèlement, il est demandé à certaines personnes dans chaque établissement de suivre ces cours ainsi qu’une formation qui leur permettra de détecter un enfant « à risque » pour, quand il y a suspicion, d’enclencher une première approche avant de provoquer une enquête.
 
Ces cours aident à la construction de l’éveil de l’enfant victime, de son entourage extra-familial et lui donne un sentiment de sécurité. Il apprendra qu’il est victime, qu’il a des droits et qu’il n’est pas responsable de ces actes odieux. Que ce qu’il subit n’est pas normal, qu’il peut se confier à ses amis ou à des adultes et qu’il sera protégé.
 
Toute activité sexuelle entre un adulte et un enfant constitue un abus et se relève de la loi. Mais les abus sexuels peuvent également se passer entre deux enfants. Ceci peut aller des appels téléphoniques obscènes, attouchements, exhibitionnisme, pornographie, incitation à la prostitution et viols.
 
 
Une étude, faite en 1990, montre qu’approximativement 27% des filles (+ - 1 sur 4) et 16% des garçons (+ - 1 sur 6) subira un abus sexuel avant l’âge de 18 ans. Selon la même étude, 34% des abus sexuels se passent avant l’âge e 8 ans. De nombreux experts estiment que sur une classe d’environ 30 enfants, 5 à 6 sont abusés sexuellement. Malheureusement, les enfants demeurent extrêmement exposés aux abus sexuels.
 
 
Les délinquants mettent beaucoup d’énergie dans la préparation de la mise en condition de l’enfant. Ils jouent, en général, sur sa confiance. Et parce que le plus souvent, il s’agit d’un proche, d’une personne que l’enfant connaît, il pense qu’il n’a pas d’autre alternative que d’accepter ce viol.
 
Selon les statistiques américaines, les personnes qui violent et abusent sexuellement des enfants, ont dans le passé été victimes :
 
Témoins d’abus sexuels : 17%
Victimes d’abus émotionnels : 23%
Victimes d’abus sexuels : 27%
Victimes de violences familiales : 30%
Témoins de violences familiales : 37%
Isolement physique et mental : 47%
Mauvais fonctionnement familial : 100%
 
Aux USA, des cellules spéciales sont mises en place dans les commissariats pour recevoir les victimes. Des consultants sont à l’écoute et les décisions sont prisent immédiatement telles que l’éloignement des enfants, une prise en charge psychologique...
 
Des méthodes de collecte des informations sont appliquées, de façon à ne pas traumatiser l’enfant encore plus. Les dépositions sont enregistrées et filmées afin de ne pas faire répéter les mêmes choses à plusieurs intervenants.
La personne qui interroge l’enfant doit être honnête avec la victime et ne doit en aucun cas dire à l’enfant que ce qu’il dira restera un secret entre eux. La personne qui interroge doit se mettre au niveau de l’enfant afin que celui-ci ne se sente pas en position d’infériorité et surtout voit une position de force en l’autre. Laisser tout le temps nécessaire à la victime pour arriver à se confier. L’enfant peut se mettre en colère ou être troublé, il est donc important de rester patient et calme.
 
Toute suspicion d’abus sexuel doit être rapportée aux autorités qui seules prendront la décision et la responsabilité de la poursuite de l’enquête.
A aucun moment les parents ne doivent recevoir de compte-rendu des rapports. C’est l’agence en charge des investigations qui se chargera de contacter les personnes concernées.
 
A Tucson, Arizona, les personnes en chargent d’activités impliquant des enfants doivent obligatoirement intervenir à deux au minimum. Aucun abus, qu’il soit mental, physique, verbal ni bien sûr sexuel n’est toléré. Tout abus fait l’objet d’un renvoi immédiat.
 
Les personnes condamnées pour crimes sexuels sur mineurs doivent, si elles déménagent, se signaler à la police de leur nouveau domicile. Si elles ne le font pas, elles sont passibles de retourner en prison pour violation de leur obligation de signalement. Les personnes condamnées sont fichées et il est possible de consulter les fichiers, on peut également chercher à savoir si un violeur réside dans son entourage.
Sont indiqués le nom, prénom, âge et signalement, une photo y est ajoutée ; le niveau de risque également. Ce niveau est déterminé par les autorités et par une commission d’experts. Sont également indiquées les écoles et jardins d’enfants à proximité du domicile de la personne.
 
Des centres d’accueil pour les enfants mais aussi pour les mères qui veulent fuir avec leur(s) enfant(s) accueillent de plus en plus de victimes. Elles sont placées tout d’abord dans des centres d’urgence puis dans des centres d’accueil à moyen ou long terme. Les enfants seuls sont placés dans des familles d’accueil.