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Un échange musclé avec les « défenseurs » du droit

Confusion de la pensée et société de prédation

samedi 25 juillet 2009, par Webmaître

Voici un rapide survol du déchaînement passionnel des défenseurs du droit à la parution d’un article sur l’imprescriptibilité pour les crimes sexuels commis sur des enfants.


Laurence Guicharnaud a produit sur
Agoravox un article intéressant qui méritait meilleur débat que celui qui s’est
instauré à son insu.




Manifeste pour l’imprescriptibilité des abus sexuels sur mineurs


 


Suite à cet article, sont arrivés
les « Serial posteurs » qui mènent une veille informative autour du sujet de
l’inceste. Ils veillent au bon ordre immuable de la rigueur du Droit érigé en
Canon absolu. Leurs propos sont si standardisés qu’on les dirait issus d’un
manuel spécialisé. C’est pourquoi, on peut les représenter comme des siamois


En réponse à l’article de Laurence
Guicharnaud, certains propos suintent la haine, le ressentiment, le mépris et
leur auteur ne se prive pas de porter atteinte à la personne qui ose s’engager
dans le débat, avec une condescendance indigne. Cela ne l’empêche nullement de
s’insurger quand on évoque sa petite personne. « Vous ne savez pas qui je suis
et, par conséquent, veuillez garder pour vous vos considérations
psycho-morales. » (Duralex)


Rhétorique classique ou la meilleure
défense se résume en une attaque systématique et souvent malfaisante.
L’argumentation ne se limite pas à un échange, elle se révèle destructrice. On
annihile l’autre, on l’humilie : « On se demande bien ce que vous avez appris
à la faculté de droit. » (Idem)


Survient la stigmatisation de
l’autre : « Je n’ai en effet pas la moindre idée du préjudice que vous avez
subi, mais si j’en juge d’après votre acharnement ça a dû être grave. » (Idem)
Condescendance infecte, hypocrite et lâche, qui n’a pas d’autre but que de créer
un doute sur la validité du discours de l’autre. L’argument classique du
juriste : invalider un témoignage en nuisant à la crédibilité de celui qui le
porte. L’avocat défend un client, il use des artifices de sa fonction pour
puiser dans le droit l’interprétation qui convient au système de défense qu’il a
établi. Ici, point de plaideur, il n’y a pas de prétoire mais on s’y croirait,
la décence en moins.


 


Un autre reprend, pour mieux se
justifier, l’argument selon lequel, la loi de pénalisation de l’inceste ne
serait qu’une instrumentalisation supplémentaire de la politique sécuritaire du
gouvernement actuel mais on oublie qu’aucun gouvernement n’a voulu pénaliser
l’inceste. « Depuis 220 ans » dit l’autre, à juste titre. L’argument tourne en
rond, satisfait de lui-même et ne s’encombre pas de cette bénéfique distance qui
ferait apparaître des contradictions flagrantes.


Ne pourrait-on pas se dire,
malicieusement, que si les législateurs successifs, en majorité des mâles, ne
voulaient pas pénaliser l’inceste c’est bien parce qu’ils n’ignoraient pas que
cela risquait d’envoyer en prison nombre de leurs collègues ?


Le discours est si puéril, si court
et si éloigné d’une volonté de débattre que l’on se prend à vouloir régler
d’autres affaires en laissant de côté une telle indigence de la pensée.


Mais ce discours si bien bouclé, en
apparence, solide dans sa logique, fascine et se fonde sur des illusions. Les
discours fondé sur la fascination ont souvent conduit aux pires excès.


Il fallait réagir !


 


La signature d’un des interlocuteurs
est intéressante : juriste romain... Ce qui laisse penser au Droit romain
avec sa patria potesta.


Voici ce qu’est la patria potesta :
Le chef de famille a un pouvoir absolu sur ses enfants, même adultes et
mariés. À leur naissance, il n’est pas tenu de les élever. Il peut impunément
décider d’abandonner, voire de tuer, le nouveau-né. Il peut aussi exclure un
enfant en l’émancipant ou en le donnant en adoption. À l’inverse, il peut
agrandir sa familia en y faisant entrer un nouveau membre par l’adoption.



La puissance paternelle s’exerce indépendamment de tout acte de reconnaissance ;
elle ne s’éteint pas quand l’enfant a été exposé. Si sa fille est mariée sine
manu, le père a aussi le pouvoir de rompre son mariage sans son consentement, ni
celui de son mari. La patria potesta sera abolie au IIe s. apr. J.-C.


 


Nul n’échappe à la fatalité du nom
et celui-ci, il l’a choisi et, si l’on s’en tient à sa revendication de
connaissance du droit, on peut supposer qu’il l’a fait en connaissance de cause.


Derrière cette volonté de soutenir
la famille, élément nucléaire des sociétés traditionnelles, il y a la recherche
de l’ordre, respecté par tous, tenus par une cohorte de clercs s’arrogeant le
droit d’interpréter à leur guise les arcanes de la loi.


Le juriste français n’est pas
habitué au débat, il le fuit même. Et c’est bien cette puissance viscérale qui
s’exprime ici à travers le mépris pour l’autre, cet aveuglement spécifique, un
discours qui tourne en boucle, sec, sans nuances et, surtout, cette
impossibilité d’écouter, de lire et de développer des arguments qui se
développeraient sur cette base.


On sent bien, qu’au-delà du contenu,
le juriste perd le pouvoir qu’il avait à travers son jargon hermétique, ses
formules pédantes destinés à impressionner le pékin ignorant.


Ici, le discours se développe en
dehors du contexte, les arguments de débat ne servent qu’à étayer un discours
fermé et dont on devine rapidement le dessein. L’argumentation contre la
politique sécuritaire n’est qu’un artifice d’estrade destiné à ranger le
discours dans une classe sémantique définie par avance. Ce faisant, l’auteur ne
s’embarrasse pas d’aucun souci de cohérence. Ce qui compte, abattre l’autre.


 


Il ne suffit pas de savoir lire un
Dalloz et d’en tirer des arguments que l’on agencera selon une logique ferme, il
convient de savoir garder raison. Une raison, c’est-à-dire un développement de
la pensée à partir d’une représentation de la réalité qui englobe l’ensemble des
faits culturels, sociaux d’où se dégagent des valeurs acceptées par tous. Ici le
Droit est réduit à une technique, froide, implacable et c’est ce qui fait
l’opposition si nette avec les propos de l’auteur de l’article.


Croire que la logique l’emporte sur
la raison est un artifice commun à tout technicien mais le technicien s’arrête
toujours aux effets de l’outil qu’il maîtrise, il ne va pas plus loin à moins de
prendre de la hauteur et poser un regard global sur les choses et la vie. Ici le
droit est au centre et il régit tout. Mais le droit n’est qu’un outil de
transmission consenti par les hommes pour traduire dans les faits, us et
coutumes des règles du bon usage du vivre ensemble. Le droit ne prime pas, il
suit ! La justice est rendue au nom du peuple. Que signifient alors ces discours
si ardu qu’il faut un traducteur pour en saisir les arcanes ?


Le juriste ne peut avoir droit au
chapitre dans un débat de société et, s’il s’y inclut, c’est dépouillé des
artifices de sa charge, comme citoyen ordinaire. Ici, l’auteur des commentaires,
par son mépris de l’autre, sa pensée développée au niveau des viscères – si ce
n’est plus bas, se veut dans la toute puissance de sa technique. Rien que de
bien commun dans une aire historique ou la technologie l’emporte sur tout. À se
laisser prendre par la fascination pour la formidable logique de ce discours on
risque d’oublier que, au-dessus des lois, il y a les valeurs. Ces valeurs fixent
d’abord les limites du Bien et du Mal, du Beau et du Laid. Notre interlocuteur,
dans l’indigence formidable de sa pensée, l’ignore et on pressent qu’il ne sait
pas de quoi il s’agit.


 


À court d’argument il en appelle à
l’histoire :


« Moi je me suis contenté de
souligner que si, depuis 220 ans, les législateurs qui se sont succédés en
France se sont soigneusement abstenus de mentionner l’inceste dans le Code
pénal, c’est qu’il y avait de bonnes raisons. » (Duralex)


 


C’est vouloir que le droit demeure
figé dans le marbre, à jamais. La fixité d’une règle valant absolu. Double
bourde : le droit est mouvant, même si le juriste est par essence, conservateur,
le droit finit par épouser les contours d’une société qui, elle, évolue,
traverse des mutations auxquelles le législateur doit faire face.


C’est sur ce deuxième volant que
l’auteur commet une autre bourde. A-t-il volontairement oublié que la société du
XVIIIe siècle révolutionnaire a considérablement changé jusqu’à nos
jours. Qu’est-ce que l’auteur veut nous faire passer ici ? On ne peut que
discerner la volonté de promouvoir un ordre éternel et immuable. Lui qui dénonce
le caractère émotionnel des victimes se trouve pris dans les rets d’un
enchevêtrement de slogans d’ordre religieux. (La croyance en un ordre qui
transcende l’œuvre humaine et dans lequel le citoyen moyen n’aurait rien à voir)


 


L’auteur ne se pose pas la question
du contexte de l’époque : naissance de la société industrielle et des prédations
successives dont la crise actuelle n’est que l’aboutissement. Deux siècles ne
sont rien, ils encadrent cette période au cours de laquelle il faudra
constamment rappeler aux hommes la nécessité d’un droit naturel qui préserve
l’humanité de ses propres excès. Dans l’immédiat après-guerre le législateur
s’est-il posé la question d’un excès sécuritaire en pénalisant les crimes contre
l’humanité ? Non ! Il s’agissait d’une nécessité impérieuse et il faudra bien se
demander sir l’interdit de toute prédation sur quelque enfant que ce soit ne
relève pas d’une nécessité impérieuse, fondamentale pour l’humanité ?


L’auteur, dans son empressement,
ignore les combats menés par quelques « hors classe » tel

Ambroise Tardieu
, précurseur du signalement des maltraitances et de la
médecine légale.


En 1889, la première loi de défense
de l’enfance maltraitée sera adoptée par le parlement. On ignore encore que l’on
doit cette avancée à un médecin peu connu, précurseur de la médecine légale
moderne. On se contente donc de tourner le regard. Tardieu n’a pas manqué de
signaler la corrélation existant entre les maltraitances et l’absence de valeurs
qui présida à la mise en place de la société industrielle. Nous sommes à un
point critique de cette société sur un même fond de perte de valeurs.


Que la violence sourde, celle qui
règne dans certaines familles soit ignorée relève d’un manque de lucidité
évident.


 


Une autre bourde est commise, qui
résulte de l’appauvrissement des arguments : l’auteur fait appel au maître
français de l’ethnologie. Référence implicite à l’imaginaire d’une société,
qu’il dénonce par ailleurs. On fait appel au père, au grand-père, en prêtant à
ces derniers des propos que l’on voudrait les entendre tenir. Puérilité !


Si papa était là !


« [...] l’on a jamais entendu
M. Claude Lévi-Strauss réclamer que l’inceste soit qualifié de crime devant la
loi. »


Mais l’auteur n’a pas entendu le
dernier entretien du maître Lévi-Strauss avec un journaliste français. Il y
révèle son pessimisme face aux événements contemporains. Il y fait constamment
référence à la perte des valeurs essentielles de l’humanité et à l’absence de
discernement des limites qu’il convient de ne jamais franchir sans risquer de la
mettre en danger.


 


Puisque notre interlocuteur sort de
sa spécialité, profitons de son excursion maladroite et, surtout incompétente.
Il use ici d’artifices qu’il reproche aux autres d’utiliser. Ce n’est pas la
moindre de ses contradictions.


Le problème posé par l’inceste, soit
la prédation, la soumission comme objet sexuel d’un enfant par un adulte ayant
autorité est un problème de société et, en tant que tel, il pose la question des
limites du Bien et du Mal.


Que certains, sous des prétextes
opportunistes, nient la nécessité d’alerter le législateur – il en fait ce qu’il
veut après – relève d’un délit de complicité. Invoquer l’Histoire, l’ethnologie
ou toute autre discipline n’apporte rien au débat car les arguments préalables
sont spécieux.


 


La question fondamentale est de
savoir si nous, peuple d’un pays européen, soi disant porteur de l’idéal des
Droits humains, pouvons tolérer que des enfants soient soumis à des tortures
mentales ou physiques durant leur enfance, qu’ils deviennent les instruments
sexuels de leurs parents ou des proches de la famille, qu’ils soient soumis à la
coercition du silence, aux menaces sur leur vie, qu’ils subissent des années
durant les pires atteintes à leur dignité et que le soutien que tout enfant est
en droit d’attendre de ses parents ?


L’argument selon lequel le droit
pénal français englobe le crime d’inceste et qu’il n’est pas besoin de légiférer
sauf à tomber dans le piège sécuritaire qui fait les choux gras des
conservateurs, est fallacieux, outrancier. C’est aussi sortir du cadre purement
humain pour user d’arguments politiques, forcément orientés.


C’est surtout, ignorer le chemin de
croix des victimes confrontés à des juges qui manifestent leur embarras face à
ce genre d’affaires, en déclassifiant ces affaires pour les réduire à de simples
délits.


Humilier à nouveau les victimes en
les stigmatisant, les clouer au pilori en les traitant plus ou moins de
chialeuses hystériques, c’est associer sa voix à un déni de société qui
transcende les objectifs idéologiques du moment.


Lire
cela : « Il serait peut-être temps de se rappeler que la justice n’est pas au
service de la névrose de certains comme thérapie psychiatrique. Il serait
également utile qu’un certain nombre de personne arrête de placer dans la
sexualité cette vertu quasi mystique de destruction absolue de l’être.
D’associer de manière systématique les termes « agressions », « abus »,
« atteintes » à sexuel. Que certain prennent conscience que face à ce délire
psychiatrique on criminalise aujourd’hui des gens qui ne sont probablement pas
parfaits, mais qui tout sauf des criminels. » est insensé ! (Goldy)


Que des
individus majeurs, j’en connais, pratiquent l’inceste une fois majeurs, 
relèvent de l’intimité des personnes. Ce dont il est question ici – le titre de
Laurence Guicharnaud est explicite –, quand des victimes mais aussi des
professionnels, alertent le public c’est de l’intolérable indignité faite aux
enfants victimes.


On se
situe dans un registre religieux là où les contradicteurs, ces défenseurs
outragés de la liberté prétendent y échapper. Nous ne sommes ni dans la raison
ni dans les limites des valeurs de la République mais dans une talibanisation
qui laisserait des enfants sans la protection à laquelle ils on droit. Et ce
n’est pas seulement un devoir parental, c’est un devoir de société là où les
parents s’avèrent non seulement défaillants mais, de surcroit, prédateurs de
leur propre progéniture. Ignorer cela relève du négationnisme.


 


Le problème est global, les dérives
fréquentes. En de nombreux points de construction de nos sociétés, les limites
sont dépassées depuis longtemps. Il existe des points de convergence entre ces
enfants devenus des objets sexuels, les immigrés traités comme du bétail, les
SDF contraints à hanter les coins sombres, là où ne vient aucune caméra, le
parcours infâmant des femmes battues, la traite des êtres humains, le traitement
d’esclaves de certains salariés...


Oui, il y a convergence, indice
révélateur que nos sociétés n’ont plus pour but de protéger leurs membres les
plus fragiles, qu’il s’agit de les soumettre à un ordre qui les dépasse et
auquel ils n’ont pas accès. Oui, nos sociétés se sont transformées en instrument
de prédation au service d’un ordre dont nos politiques ne sont que les
instruments plus ou moins consentants.


Refuser cette réalité, c’est ramper
avec les charognards, c’est se rendre complice des progrès d’un mal qui rampe...


 


 


@ Laurence et ses supporters 


Vous ne supportez pas que l’on vous
contredise et c’est vous qui ne cessez de manier l’insulte. Peu importe : que
Dan décrète que l’on ne me répondra plus m’indiffère, puisqu’il y a déjà un bon
moment que vous ne savez que répondre, hormis rabacher vos slogans.


 La loi que je respecte Laurence ce
n’est pas le dernier gadget législatif voté par une bande de démagogues afin de
faire plaisir à des pétitionnaires, ou d’agrémenter leur carte de visite, comme
cette Madame Fort.


 


Le projet de loi que vous vantez
méritera de figurer parmi ces monuments de la pensée juridique moderne, ou
post-moderne, que sont la prohibition du bizutage, l’interdiction des réunions
dans les halls d’immeuble ou celle de siffler pendant la Marseillaise.


 


Moi je me suis contenté de souligner
que si, depuis 220 ans, les législateurs qui se sont succédés en France se sont
soigneusement abstenus de mentionner l’inceste dans le Code pénal, c’est qu’il y
avait de bonnes raisons. Et l’ignorance ou l’indifférence ne figurent pas parmi
ces raisons car il ne fait aucun doute que l’inceste faisait l’objet de la même
réprobation morale et sociale en 1789, en 1805, en 1900 ou en 1950
qu’aujourd’hui.


 


L’une de ces raisons est que le
recours à la notion d’inceste n’est d’aucune utilité puisque tous les crimes que
vous dénoncez, sans aucune exception, sont déjà trés lourdement sanctionnés par
la loi sous les qualifications de viol aggravé, agressions sexuelles aggravées
ou atteintes sexuelles aggravées.


 


Une autre de ces raisons est que la
criminalisation de l’inceste sera obligatoirement rattachée à des considérations
philosophico-religieuses qui n’ont rien à faire devant une cour d’assises. Vous
pouvez toujours prétendre que l’inceste est le tabou fondateur de la culture, il
n’en reste pas moins que l’on a jamais entendu M. Claude Levi-Srauss réclamer
que l’inceste soit qualifié de crime devant la loi.


 


Une troisième raison est que, même
si vous ne cessez de vous cacher derrière la protection des enfants, l’inceste
concerne aussi et peut-être avant tout les adultes et que dans ce domaine la loi
ne peut punir qu’en cas de contrainte, de sorte que c’est bien le viol qui est
le crime, et non l’inceste.


 


Le projet de loi de Madame Fort,
même aprés son amélioration par la Commission des Lois, démontre que la volonté
de criminaliser l’inceste place le législateur dans des contradictions
insurmontables.


 


1/ Le projet de loi n’incrimine
l’inceste que lorsqu’il met en cause un mineur. Je vous ai demandé de me
l’expliquer et vous vous en êtes sortie par une pirouette (« Oui, oui. Un homme
qui viole une femme peut être poursuivi et condamné. ») et en me reprochant de
me contredire, alors même que c’est vous qui ne cessez de vous plaindre de ce
que le viol de la fille mineure soit « seulement » qualifié de viol aggravé, et
non d’inceste, par les lois en vigueur.


 


Il n’y a aucune contradiction de ma
part, car moi je ne réclame pas la pénalisation de l’inceste, ni pour les
mineurs, ni pour les majeurs, et je ne considère pas ça comme un progrès.


 


Mais à ceux qui réclament la
pénalisation de l’inceste au motif qu’il comporte une spécificité
« monstrueuse », je demande de justifier comment le viol de la fille mineure
pourra être condamné comme inceste, alors que le viol de la fille majeure
relèvera simplement du droit commun du viol ?


 Depuis quand l’âge des
protagonistes entre-t-il dans la définition de l ’inceste ?


 2/ Il n’y a pas que cela : le droit
français n’ignore pas totalement l’inceste. Il en donne une définition en
négatif dans les dispositions du Code civil qui prohibent le mariage entre
personnes dont le lien de parenté est trop proche (articles 161 à 164 du Code
civil). A contrario il n’y a pas d’inceste entre les parents que le Code civil
autorise à se marier entre eux (ex. : les cousins).


Ceci étant rappelé j’ai fait
observer qu’il était pour le moins curieux que le projet de loi qualifie
d’inceste « le viol commis par le xème concubin de la nièce » (sur la tante
mineure comme tout le monde l’aura compris).


 Laurence, qui doit me prend pour un
âne puisque je n’ai pas été moi-même victime d’un « nombre incalculable de viols
incestueux », répond innocemment :


 « Si le troisième concubin de la
mère viole le gamin qui vit sous son toit, avec lequel il partage les repas,
dont il s’occupe (un peu trop, ceci dit) et qui est lié à la mère par un contrat
(mariage, déclaration de concubinage ou PACS) , le viol est réputé incestueux en
raison de la situation DE FAIT.


Les situations familiales ont évolué
ces dernières années, le saviez-vous ?


Vous vous en tenez aux mots en
ignorant la réalité sociale. »


 D’une part je ne parlais pas du
troisième concubin de la mère mais du xème concubin de la nièce, qui est tout
autant visé par le projet de loi, dont j’ai rappelé le texte. Et il est
hautement douteux que le xème concubine de la nièce vive sous le même toit que
la tante mineure.


 D’autre part l’observation que j’ai
à faire est de toute façon tout aussi valable pour le troisième concubin de la
mère que pour le xème concubin de la nièce, ou de la tante : le Code civil les
autorise tous à se marier avec celle que le Code pénal qualifierait, si le
projet est adopté, de « victime d’un inceste ».


 Il y aurait donc un inceste pour le
Code pénal et un autre inceste pour le Code civil ? La loi pénale pourrait
qualifier d’inceste la relation sexuelle qui aura eu lieu avant la majorité de
la victime alors que la loi civile l’autoriserait à se marier avec l’auteur de
cet « inceste » ?


 Votre projet de loi change même le
sens du mot « inceste » !


Voilà ce qui arrive quand des
ignorants dépourvus de cervelle se mêlent de faire des lois. Les lois sont
minées par de telles incohérences et de telles contradictions internes qu’elles
ne veulent plus rien dire et que tout le monde en rit.