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L’agression incestueuse a été reconnue

Un oncle a été jugé coupable d’actes commis sur sa nièce âgée de 11 ans, en 2006

lundi 25 juillet 2011, par Webmaître

On est frappé de constater que, dans le cas d’agression sexuelle sur mineur, le juge, tout en reconnaissant la culpabilité du prédateur, n’inflige que des peines minimum. Comme si...

Un fait divers, un jugement et tout doit rentrer dans l’ordre très vite. La victime ira se faire voir.

Avant février 2010, on parlait d’agression sexuelle sur mineur de 15 ans avec circonstance aggravante, lorsqu’elle était commise par un parent. Depuis cette date, le législateur a explicitement ajouté le mot « inceste ». « Pour bien montrer à la victime », expliquait hier dans ses réquisitions Benoît Fontaine, substitut du procureur, « ce que la problématique familiale comporte en termes de sens ». Le tribunal correctionnel de Dax avait à juger, hier après-midi, une de ces affaires toujours si lourdes et délicates, longtemps restée dans le secret familial.

Ne pas inverser les
rôles

Les faits se déroulent pendant l’été 2006
dans une commune de l’agglomération dacquoise. Un homme, aujourd’hui âgé de
53 ans, va demander à plusieurs reprises à sa nièce de 11 ans, de se livrer
sur lui à des caresses à caractère sexuel. Celle qui n’est pas tout à fait
encore une adolescente percevra que tout cela n’a rien de très normal. Elle
parlera, mais rien ne filtrera du cercle familial. Jusqu’au jour où le père
de l’enfant explique à son employeur que si son rendement n’est pas à son
meilleur niveau, c’est en raison d’un problème familial. Un secret qu’il lui
livre. Et c’est l’employeur qui l’encouragera à déposer plainte.



Car c’est là toute la difficulté de ce type
d’affaire, comme l’a plaidé avec beaucoup de justesse Me Lonné qui portait
la voix de l’enfant absente. « Ah que la vie serait plus simple si elle
n’avait rien dit ! » Pour lever ce sentiment de culpabilité, il ajoutait
avec force : dans ces dossiers-là, « le perturbateur, c’est l’agresseur ».
Afin de remettre encore les choses à leur juste place et ne pas inverser les
rôles, Benoît Fontaine ajoutait que « c’était l’adulte qui avait imposé sa
volonté à l’enfant ».

« Il ne pourra pas
expliquer »

Déplorant de ne pas avoir eu d’explication
du prévenu à l’audience, il requérait vingt mois de prison avec sursis avec
mise à l’épreuve pendant deux ans, obligation de soins, ainsi que
l’inscription du prévenu au fichier des délinquants sexuels.

« Il ne peut pas et ne pourra pas expliquer
 », insistera Me Soublin pour la défense. Elle indiquait que son client
n’avait jamais nié les faits, jamais usé de stratagèmes, qu’il ne s’agissait
pas d’un pédophile et ne serait jamais allé au-delà des actes commis.

Alors, résurgence d’un passé douloureux ?
Les expertises psychiatriques n’ont pas apporté de réponse. Le prévenu a été
condamné à un an de prison avec sursis et sera inscrit au fichier des
délinquants sexuels.