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La psychanalyse en question

Nouvelles tendances de la psychanalyse aux USA dans l’après guerre

dimanche 10 novembre 1996, par Webmaître

Alors qu’en France la psychanalyse demeure une sorte de mythe salvateur, ailleurs dans le monde, notamment dans le monde anglo-saxon, la psychanalyse a été mise en critique et, si certains fondamentaux – l’existence de l’inconscient, par exemple – ne sont pas remis en question, certains dogmes sont discutés très tôt. En témoigne cet article de Richard H. Williams paru en 1947 dans la revue Psyché, dirigée par Maryse Choisy.

Richard H. Williams

Ancien Professeur de Sociologie et d’Anthropologie à l’Université de Buffalo (U. S. A.) Professeur au C. N. R. S. et à la C. E. G. 0. S.

La psychanalyse américaine s’est nettement modifiée au cours des dernières, années, surtout depuis 1937. En général, on s’écarte de plus en plus de la base trop étroitement biologique et instinctiviste de la psychanalyse freudienne. On ne nie pas la valeur et la richesse des travaux de Freud. Mais on s’est rendu compte que son système fut basé sur des faits provenant presque exclusivement de la culture européenne et, peut-on ajouter, pour la plupart d’une seule classe sociale (bourgeoisie ou bourgeoisie haute et moyenne). Ses efforts à appliquer sa théorie à des faits provenant des cultures non-européennes, et surtout des cultures « primitives » (Totem et Tabou, et La Civilisation et ses Mécontentements) ne furent pas trop heureux. On reconnaît aussi que Freud, comme tout grand penseur, fut loin d’être un dogmatiste et que le dogmatisme biologique et instinctiviste provient plutôt du freudisme que de Freud lui-même : les nouvelles tendances sont caractérisées surtout par la reconnaissance de l’importance des facteurs sociaux en général, et, plus spécifiquement, des origines sociales des névroses.

Une critique, en partie implicite, mais parfois explicite, de la psychanalyse freudienne a été faite tout d’abord par des anthropologues sociaux. C’est, par exemple, B. Malinowski qui, dans son étude Sex and Repression in Savage Society, a démontré, d’une façon concluante, que certains complexes et tensions, notamment le complexe d’Œdipe, ne sont pas universels comme Freud le croyait. Un peu plus tard, Ruth Benedict, dans son livre important The Patterns of Culture, analysait les racines culturelles des névroses et indiquait la relativité et la spécificité culturelle des désordres mentaux en général. Cette critique posait un problème très net pour les psychanalystes. Qu’entend-on exactement par normal ? D’ailleurs, si tout est relatif aux cultures, sociétés, époques ou peut-être même aux classes sociales, que devient le dicton thérapeutique qu’il faut accepter la réalité, la regarder en face ? On peut se demander, « la réalité de qui ? » Les psychanalystes américains prenaient la critique des anthropologues au sérieux, et commençaient à reformuler leurs hypothèses et même leurs techniques.

Les psychanalystes et les psychiatres reconnaissaient non seulement que les névroses ont des racines sociales importantes, mais aussi que la relation entre le médecin et son client est une relation interpersonnelle et donc sociale. H.-S. Sullivan est typique de ce point de vue. Pour lui, la culture forme la personnalité en canalisant la conscience et l’attention. Par ce même procédé, elle refoule l’intérêt porté à certains objets et à certaines activités ; II peut y avoir ainsi des « omissions culturelles » qui rendent le sujet aveugle à certaines significations en le privant des outils de leur connaissance. Ainsi se développent des lacunes dans les relations sociales avec autrui, au niveau explicite et verbal d’une part, et les éléments « parataxiques » ou dissociés de l’expérience d’autre part. C’est, selon Sullivan, la structure essentielle d’une névrose. Le but thérapeutique est de permettre au malade de découvrir les éléments de sa conduite jusque là non reconnus, par exemple, des petites actions pas perçues, qui existent au service des impulsions dissociées. Le sujet apprend à prendre conscience des changements et des petits mouvements de son corps au cours de ses relations sociales, des changements de voix, des mouvements musculaires, des changements de tension qui indiquent la présence des éléments dissociés. Le malade est entraîné à devenir activement conscient de la situation et de sa structure sociale. Pour Sullivan, il ne suffit pas que le malade connaisse les sources lointaines ou puériles de sa névrose. Il faut qu’il apprenne à s’adapter aux situations réelles de la vie, et une situation est toujours conçue comme un réseau de relations entre soi et autrui.

Une des réactions à la critique des anthropologues, et surtout à l’œuvre de Benedict, fut qu’on montra du doigt la société. La société fut considérée comme un criminel, le saboteur de l’hygiène mentale, à moins qu’elle ne fût parfois considérée comme le malade. Cette position fait penser à celle de J.-J. Rousseau. Typique de ce point de vue est l’œuvre de Trigant Burrow The Biology of Human Conflict. Malgré son biologisme excessif, il trouve les sources des névroses et des conflits sociaux dans le monde symbolique, donc culturel, qui, selon lui, nous sépare et nous divise. Il essaie même de démontrer que la vie sociale tout entière est pathologique. La tendance « naturelle » de l’homme à s’adapter et à s’orienter comme un organisme biologique, et comme un tout, est empêchée et sérieusement gênée par tout un réseau de symboles projectifs. Nous vivons donc dans un « tissu d’images ». Evidemment, sa position est exagérée, mais sa théorie a la valeur d’indiquer les aspects pathologiques de la vie sociale qui peuvent entraîner des névroses, surtout les aspects associés avec les symboles et les images que toute société implique. Pour Burrow, comme pour Sullivan, le cadre de référence de l’analyse est la situation immédiate. L’attention du malade est détournée du réseau d’images sociales, et dirigée vers les tensions provenant de son organisme, comme un tout. Mais, au fond, Burrow reconnaît que la signification de ces tensions reste toujours dans le cadre de relation de soi avec autrui.

Plusieurs autres psychanalystes et psychiatres ont contribué à ces tendances nouvelles. Erich Fromm (Escape From Freedom), et Franz Alexander (Our Age of Unreason) se sont occupés*des sources d’insécurité et d’anxiété que la structure et la dynamique de la société moderne ont aggravées. Korzybski (Science and Sanity), un peu comme Burrow, a étudié les problèmes posés par les symbolismes de la société, et les difficul-cultés de communication « saine » ainsi posées. J.-L. Moreno (Wfaa Shall Survive ? et la série de Psychodrama Monographs) a développé la technique thérapeutique du psycho-drame, basée sur une conception nettement psycho-sociologique de l’action et des émotions humaines. Là aussi les relations soi-autrui sont fondamentales, et la situation est conçue comme une structure de rôles et d’expectations envers l’action d’autrui. Pour lui, l’aspect essentiel d’une névrose est une rigidité introduite dans cette structure, et comme traitement thérapeutique, il cherche surtout à cultiver la spontanéité, en donnant l’occasion au sujet de prendre des rôles dramatiques qu’il devrait développer librement. Dans tous ces cas, nous voyons l’effort explicite d’analyser les aspects et les facteurs sociaux des maladies mentales, au moins au niveau des névroses.

La psychanalyste Karen Horney cristallisa de la meilleure façon, dans son œuvre, ces tendances en psychanalyse comme telle, et développa un système néo-freudien (The Neurotic Personality of Our Time, New Ways in Psychoanalysis, et Self Analysis). Elle, comme les autres, insiste sur l’importance des facteurs sociaux et culturels dans la formation, la structure et la dynamique des névroses. Ce qui est névrosé et ce qui est normal varie selon la culture, et, dans une culture, avec le temps, parce que le contenu du « normal » provient dans une large mesure des normes de la culture. En plus, la névrose est essentiellement un désordre des relations du soi avec l’autrui. Il faut donc que le psychanalyste connaisse à fond la structure et les fonctions de la culture dont lui et ses clients font partie. Il faut comprendre les normes avant de chercher à comprendre les déviations. Au fond, Freud avait la même conception, en insistant sur le fait qu’il faut connaître les influences formatives de l’enfance. Horney va plus loin que Freud et insiste sur le fait qu’il faut connaître toutes les influences formatives provenant de la culture.

Mais Horney insiste aussi sur le fait qu’il faut pouvoir répondre à la question : « Qu’entend-on exactement par normal ? » Et, en effet, elle a une conception très nette de la différence qui existe entre ce qui est névrosé et ce qui est normal. Les névroses, pour Horney, sont caractérisées par une rigidité du système de l’action sociale du sujet, et par une différence, même une contradiction, entre ses capacités, et ses accomplissements. Une névrose a toujours une base d’anxiété, et le névrosé souffre outre mesure. Cette base crée un système de défense qui agit comme un cercle vicieux duquel il est très difficile de sortir.

Quand Horney parle d’une personnalité névrosée de notre temps, elle veut dire que les déformations de caractère dites névrosées ont toutes des traits et des caractéristiques en commun qui proviennent de certaines difficultés de notre culture. Il y a certaines attitudes qui prennent facilement une direction névrosée dans la culture moderne occidentale. Ces attitudes sont :

1 – Celles de l’affection, un besoin d’affection et une dépendance excessive d’autrui (mais une sensibilité qui peut être déguisée par un m’en-fichisme) et une contradiction entre le besoin d’affection et la capacité d’en donner.

2 – Attitudes envers l’évaluation du soi, un manque de sécurité, des sentiments d’infériorité et d’être inadéquate.

3 – Attitudes envers l’expression du soi, inhibition de l’expression de la volonté.

4 – L’agressivité, généralement exagérée sans s’en rendre compte.

5 – La sexualité ou bien comme des besoins compulsifs pour les activités sexuelles ou bien comme des inhibitions de ces activités.

On voit que Horney ne donne pas une importance exclusive à un seul élément ou aspect, comme la sexualité, l’agressivité, ou les sentiments d’infériorité, mais qu’elle a cherché, par une observation systématique, tous les aspects de l’affectivité qui sont particulièrement sensibles ou facilement atteints dans notre culture. Mais elle ne se contente pas d’une simple classification empirique. Elle construit une théorie pour comprendre le système fonctionnel de la conduite névrotique : le centre dynamique des névroses est l’anxiété. Celle-ci est définie comme une réaction démesurée à un danger, réel ou imaginaire. Mais, là encore, on voit l’importance de la perspective culturelle, parce que ce qui est « démesuré » dépendra des connaissances et, beaucoup plus important, des normes, mœurs, standards, sentiments et valeurs de la culture. Elle précise davantage la conception d’anxiété et la distingue de celle de la crainte. Dans le cas de la crainte, le danger est objectif et « transparent », tandis que dans le cas de l’anxiété, il est subjectif et caché. Les raisons et les sources de l’anxiété sont essentiellement inconnues au sujet, mais le niveau de conscience de l’anxiété varie d’un sujet à un autre.

Horney donne une analyse très approfondie de la structure et des fonctions de l’anxiété névrotique. Trois éléments principaux la caractérisent : un état d’impuissance, une irrationalité, au moins apparente, et une indication qu’il y a quelque chose qui n’accroche pas en soi-même. Tous les trois se heurtent contre des normes de personnalité de notre culture. Mais cette culture fournit aussi ses moyens distinctifs d’échapper à l’anxiété : la rationaliser (c’est-à-dire, la transformer et surtout la présenter à autrui comme une peur rationnelle), la nier, la narcotiser (ou bien directement, en prenant des drogues, ou bien en se plongeant dans des activités intenses), ou l’éviter, en évitant toutes les situations qui pourraient la provoquer. Ce dernier moyen, une fois établi au niveau automatique, est l’inhibition, qui est ainsi conçue fonctionnellement en relation avec l’anxiété. Horney démontre que les inhibitions engendrées par notre culture sont très fréquentes, beaucoup plus fréquentes qu’on ne le croirait sans une analyse parce qu’elles sont souvent cachées, déguisées ou sub-conscientes. Parfois, l’anxiété ne va pas jusqu’au point de supprimer complètement une activité, mais exerce quand même une influence sur cette activité, influence qui est indiquée par les symptômes suivants : un sentiment de tension, fatigue ou épuisement ; la fonction de l’activité est bloquée ; le plaisir que l’activité pourrait produire est raté. Ainsi, selon Horney, notre culture crée relativement beaucoup d’anxiété. Tout le monde construit des défenses contre l’anxiété. Mais, plus une personne est névrosée, plus sa personnalité totale est dominée et déterminée par ce système de défense.

La source principale de l’anxiété névrosée est l’hostilité, des impulsions hostiles de toutes sortes, et leur refoulement. Refouler les impulsions hostiles veut dire prétendre que tout est bien, et renoncer à se défendre, ce qui renforce le sentiment d’être sans défense. Une hostilité refoulée est écartée de la conscience mais, comme l’a démontré Freud, elle n’est pas abolie. Horney donne une analyse très nette des fonctions, et ainsi, du système d’action sociale, créés par le refoulement de l’hostilité. L’hostilité est intensifiée par les mécanismes de dissociation et de projection, auxquelles peut être jointe la crainte des représailles. En tous cas, l’anxiété est engendrée. En plus, la relation entre l’hostilité et l’anxiété est réciproque, et l’anxiété à son tour, peut provoquer une hostilité réactive.

Cette théorie de l’anxiété et de l’hostilité est un des points les plus importants laissant voir les différences entre le système de Horney et celui de Freud. Freud avait, successivement, deux théories de l’anxiété. La première était que l’anxiété résulte du refoulement des impulsions de la sexualité, une interprétation purement physiologique basée sur l’idée que l’énergie sexuelle, empêchée de suivre son chemin naturel, produit une tension physique qui est ressentie comme de l’anxiété. La deuxième (dans les New Introductory Lectures) qui concerne ce qu’il appelle maintenant « l’anxiété nevrotique », est que l’anxiété résulte d’une peur de ces impulsions qui, découvertes ou poursuivies, impliqueraient un danger externe. Ici, il ne s’agit pas seulement de la sexualité, mais aussi de l’agressivité. Horney a essayé de donner une synthèse des deux théories. Mais, en même temps, elle diffère de Freud sur trois points capitaux. D’abord, elle écarte l’interprétation purement physiologique de Freud, et cherche à préciser le système psychologique et ses fonctions. Deuxièmement, elle dit que la sexualité comme telle n’est pas une source spécifique de l’anxiété. La fréquence avec laquelle les impulsions sexuelles provoquent l’anxiété dépend de l’attitude culturelle envers la sexualité. Par contre, l’hostilité, mécanisme dynamique plus généralisé, est une source spécifique de l’anxiété. Troisièmement, elle n’accepte pas l’avis de Freud, à savoir que l’anxiété est provoquée seulement pendant l’enfance (de l’anxiété de la naissance à la peur de la castration), ou que l’anxiété engendrée plus tard est basée sur des réactions qui sont restées sur le niveau infantile. Il ne faut pas confondre une attitude infantile avec une attitude qui peut avoir sa genèse dans l’enfance mais qui a aussi son développement propre.

L’élaboration de sa théorie permet une analyse très riche des différentes modalités et types de systèmes d’action névrosée. Il s’agit toujours d’un système de défense contre l’anxiété à la base de la névrose. Notre culture fournit quatre moyens principaux par lesquels une personne pourrait essayer de se protéger contre cette anxiété : l’affection, la soumission, la recherche du pouvoir, et l’éloignement ou l’échappement. L’un ou l’autre de ces moyens peut prédominer dans un cas donné, suivant les circonstances personnelles, ou tous les quatre peuvent être présents à la fois, ce qui provoque des contradictions et un système d’action sérieusement bloqué. Sa théorie permet aussi d’approfondir la structure et les fonctions du sentiment névrotique de la culpabilité. Ce qui paraît être un sentiment de la culpabilité est, au fond, une expression de l’anxiété ou du système de défense érigé contre l’anxiété. Par exemple, la personne a une peur démesurée de la désapprobation ou de l’accusation, peur qui provient de la différence énorme entre la façade qu’elle veut présenter à elle-même et à autrui, et les sources profondes, les tendances refoulées de sa névrose existant derrière la façade. Elle s’accuse elle-même afin d’éviter les accusations des autres. Les fonctions de ce sentiment sont alors : une expression de sa peur de la désapprobation, une défense contre cette peur, et une défense contre les accusations des autres.

De la même manière, sa théorie approfondit la nature de la douleur névrotique et le problème du masochisme. Là aussi Horney modifie l’interprétation trop instinctive et biologique de Freud, n’accepte pas l’hypothèse d’un « instinct de la mort », et cherche une interprétation purement psychologique et fonctionnelle. En partie, cette douleur est tout simplement le résultat des conflits provenant inévitablement d’un système d’action bloquée. Mais, en plus, tout comme le sentiment de la culpabilité, la douleur a ses fonctions dans le système de défense érigé par le malade (par exemple, d’éviter les reproches et les dangers de compétition, de gagner de l’affection, ou d’exprimer, d’une façon déguisée, des accusations contre autrui). Le masochisme névrosé semble avoir une ressemblance avec la tendance à perdre le soi dans quelque chose de plus grand et le sacrifice de l’individualité. C’est une tendance provenant des courants les plus profonds de la vie psychique, et qui n’a rien, en soi, d’anormal : elle devient parfois le centre d’un système de valeurs culturelles, comme le culte dionysien, le bouddhisme pur, les expressions poétiques de l’Upanishad, et beaucoup d’autres manifestations socialement établies. Mais, en prenant le point de vue de la relativité culturelle des névroses et avec l’analyse fonctionnelle de la structure fondamentale des névroses, on peut distinguer nettement la douleur névrotique, masochiste, et ces autres manifestations. Le névrosé ne recherche pas vraiment la douleur, pas plus qu’il n’a vraiment le sentiment de la culpabilité. Mais la douleur a ses fonctions dans son système de défense. Ainsi, suivant les mots de Horney, la douleur n’est pas ce qu’elle veut, c’est ce qu’elle paye.

En résumé, on peut signaler certaines caractéristiques du système de Horney qui sont, en général, typiques des tendances nouvelles en psychanalyse. Comme nous l’avons indiqué à plusieurs reprises, on insiste beaucoup plus sur l’importance des facteurs sociaux, et beaucoup moins sur l’importance des facteurs physiologiques ou instinctifs. Les névroses sont considérées comme un système d’action, au point de vue psycho-sociologique. Cette orientation entraîne logiquement certaines modifications des techniques d’analyse. La méthode dynamique et fonctionnelle prévaut sur la méthode génétique. Cela ne veut pas dire qu’on nie l’importance des expériences d’enfance, mais qu’on emploie la méthode génétique seulement là où elle peut contribuer à l’analyse fonctionnelle et, finalement, à débloquer le système d’action du malade. L’analyse elle-même n’est pas considérée comme une relation passive d’interprétation et d’éclaircissement pour le malade, mais comme une situation sociale dynamique, une forme d’interaction sociale. Et, finalement, l’inconscient ou le subconscient n’est pas considéré comme une entité nettement séparée du conscient, un point très clairement développé par Sullivan, mais il y a plusieurs niveaux d’un continuum conscient–inconscient. La théorie de la psychanalyse rentre ainsi dans les cadres d’une psychologie-sociale générale, et concentre son analyse sur les couches profondes de la personnalité sociale, ses désordres au niveau de l’affectivité et le système fonctionnel d’action qui en résulte.


In « Psyché, Revue Internationale de Psychanalyse et des Sciences de l’Homme », N° 8, juin 1947.

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