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Les divinités shintos évoquées dans les danses japonaises

dimanche 19 juillet 2015, par Bouvier Mathilde

Comment, au Japon, on peut vénérer et honorer le dieu en qui l’on place sa foi à travers la danse.

Par Mathilde Bouvier

À chaque pays sa propre culture
et croyance, je vais donc vous faire découvrir qu’au Japon, on peut aussi bien vénérer et honorer le dieu en qui l’on place sa foi à travers la danse.

Les danses japonaises

Le Japon présente une multitude de danses variant d’une préfecture à une autre. Les réjouissances et les diverses festivités sont dans ce pays du soleil levant des moments très populaires, pour exprimer les caractères religieux et pour montrer qu’à travers la danse on vit la vocation de cette dernière qui est de consoler les âmes.

 Classé comme étant le plus grand des festivals au Japon, le « Awa-Odori » est par exemple le festival pendant lequel les Japonais dansent le « bon-odori » , d’origine religieuse qui signifie célébrer le retour des morts sur terre. L’appellation peut nous paraître invocatrice, mais soyez-en sûr que si pendant vos voyages au Japon, l’opportunité d’assister à l’une de ces festivités vous est possible, cette définition ne nous effleurera même pas l’esprit. 

Les célébrations sont tellement importantes qu’à part la musique et les instruments, les déguisements et les tenus qui sont typiquement japonais, des danses et des chorégraphies organisées, on dénombre jusqu’à un millier de groupe participant à la festivité (un groupe pouvant compter jusqu’à une centaine d’individus). 

A propos des shintos

Le shintoïsme ou le shinto est la plus ancienne des religions japonaises liées à la mythologie. Il date du VIsup>e siècle et de nos jours, on compte plus de cent millions de pratiquants au Japon. 

Et si dans sa traduction littérale, le shintoïsme ou le shinto veut dire « la voie des dieux » ou « la voie du divin », nous ne serons plus étonnés pour autant de savoir que cette religion est caractérisée par un polythéisme animiste, par le culte des ancêtres. 

Cette religion primitive japonaise n’évoque en aucun cas ni des figures ni des idoles humaines. Cela peut nous sembler irréel, mais certains auteurs japonais pensent même que depuis le temps de la création du monde, cette religion existait déjà ; et étant instituée par les dieux, elle s’est conservée jusqu’à nos jours sans changements et reste pure. 

Trois livres peuvent résumer ces documents, dont le plus ancien est le Nihon-shô-ki, puis le Ko-zi-ki (Kojiki) et le Shiou-i qui ne remonte pas plus haut que le VIIIe siècle. 

Les divinités

 Dans le shinto, les dieux sont groupés en des générations divines. Certains sont des ancêtres de tous les empereurs japonais ayant existé sur terre et d’autres étant les dieux de tout
homme sur terre. Sans pour autant dire que les divinités shinto ont chacun leur rôle dans ce règne des dieux. 

      Amaterasu :

      Étant la déesse du soleil, Amaterasu est aussi appelée « Amaterasu-Sume-Okami » qui signifie littéralement Grand Kami Impérial Illuminant le Ciel. Pour les shintos cela expliquerait son lien avec les Empereurs du Japon.

Cette déesse aurait introduit la riziculture, la culture du blé et les vers à soie d’où les deux principaux types de danses agraires :</p

  •     la danse pour repiquage du riz ou le ta-ue
  •     la danse pour la prière pour la pluie ou l’ama-goi

 A ces danses s’ajoutent d’autres rites de remerciements des dieux ou aussi des rites pour la demande de protection pour les récoltes et contre tous les épidémies.

      Susanoo :

Susanoo est le frère de la déesse du soleil, il est le dieu des tempêtes et il règne sur la mer.

Etant insatisfait de régner sur la mer, il commit des offenses en détruisant les rizières, en répandant des déjections et en écorchant un poulain-pie avant de le placer dans la maison de sa sœur. Banni, par son père Izanagi, de la terre par ses actes, Susanoo fut puni en étant condamné à combattre le dragon à huit têtes Yamata-no-Orochi. La danse Kagura représente dans le shinto ce combat.

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Amaterasu avec son frère Susanoo

      Daikokuten  :

Assis ou debout sur des sacs de riz ( symbole de la richesse) ou tenant sur son épaule un grand sac contenant la sagesse et la patience, il est le dieu de la richesse, du commerce et des échanges.

Les rituels et les danses en son honneur le représentent toujours comme un dieu gras et souriant. 

      Ebisu : Nous ne savons pas exactement pourquoi, mais ce dieu est souvent représenté transportant une morue ou un bar. Ebisu est la divinité des pécheurs, des marchands et de la prospérité. Dans la danse effectuée en l’honneur de ce dieu, on fait un grand bruit puisqu’il est réputé comme étant un dieu dur d’oreille. Les fidèles font de même avant d’effectuer leurs prières.

Le dieu Ebisu

 Les dieux shintos que j’ai cités dans ces précédents paragraphes sont considérés dans cette religion comme les grands dieux célestes, invisibles et isolés. Mais il y a aussi des générations divines, parfois invoquées dans la danse des shintos :

  •   deux divinités isolées : Kouni-no-toko-tatchi-no-kami, « dieu résidant éternellement sur la terre » etToyô-koumo-nou-no-kami, « dieu maître de toute abondance »
  •  Cinq couples divins mâles et femelles :

 

  1. Ou-hidji,ni-no-kami, « dieu du limon de la terre », et Sou-hidji-ni-no-kami, « déesse du limon de la terre » 
  2. Tsounou-gouhi-no-kami, « dieu de tout germe », et Ikou-gouhi-no-kami, « déesse de toute vie » 
  3. Oho-to-no-dji-no-kami, « dieu aîné du Grand Espace », et Oho-to-no-bé-nokami, « déesse du Grand Espace » 
  4. Omo-darou-no-kami, « dieu à l’extérieur parfait », et Aya-Kashikô-né-no-kami, « déesse vénérable » 
  5. Ixana-gi-szo-kami, « le dieu qui engage », et Izana-mi-no-kami, « la déesse qui engage ».

Voir en ligne : VOYAGE AU JAPON