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Le voile et le string

corps caché, corps exhibé = corps déshumanisé

dimanche 5 novembre 2006, par Yvette Reynaud-Kherlakian

Le voile et le string se répondent en une correspondance symétrique qui révèle, le plus souvent, la soumission de la femme à la volonté d’un dieu ou des hommes.

3Communiqué3


Sur dix de vos amis, trois ont subi des violences dans l’enfance. Parfois durant plusieurs années.

Ils n’en parlent jamais ? Cela vous étonne ? Pas nous !

Vous avez déjà entendu parler de la pédocriminalité, la presse en fait ses Unes mais, connaissez-vous cette violence sourde que l’enfant subi, souvent de l’un de ses parents ?

Parlez-en autour de vous, aidez-nous à lutter contre l’inceste, la pédocriminalité ordinaire, celle qui existe en sourdine, dans les familles.

Le voile de la femme musulmane n’est pas celui de la nonne catholique ; le string de la nana qui a jeté sa culotte par-dessus les moulins n’est pas l’étendard de la femme libre.

La nonne efface son corps pour signaler à tous sa séparation du monde et sa consécration à Dieu. Le port du voile a bien ici une signification religieuse. Rien de tel chez la femme musulmane. Si j’en crois le Coran – que j’ai pris la peine de lire –, Dieu se satisfait, en ce qui concerne la femme, d’une tenue qui ne la désigne pas à la concupiscence masculine. Le même Coran affirme l’égalité de l’homme et de la femme devant Dieu – et je n’ai lu nulle part qu’il interdirait au croyant d’avoir pour la femme le regard de Dieu. La dissimulation, voire l’ensevelissement du corps féminin en pays d’islam est donc le signe – non pas de la volonté de Dieu – mais d’une appropriation du mâle dominateur – sinon dominant – qui, en soumettant la femelle à son désir, entend en même temps la soustraire à la convoitise du voisin. La femme fait partie des biens qui assurent satisfaction sexuelle au mâle, et pourvoi et entretien d’une descendance à l’individu socialisé. Descartes a besoin de Dieu comme garant de la vérité des idées claires et distinctes. Le mâle musulman, lui, est moins éthéré mais tout aussi nécessiteux : il a besoin de Dieu comme garant de la légitimité de son plaisir et de son pouvoir. Au passage, notons qu’en cela, il a plus d’un semblable parmi les infidèles...

La fille qui revendique le port du voile au nom de la liberté religieuse aurait bien besoin du Dieu de Descartes car un malin génie lui fait prendre des vessies pour des lanternes, soit la volonté des pères, des frères et des maris pour la volonté de Dieu. Ainsi peut-on se tromper de combat et se faire ingénument complice de qui vous opprime. Le fait n’est pas nouveau et l’on voit bien souvent que des femmes de toute appartenance peuvent – comme les militaires et les fonctionnaires – faire d’obéissance vertu et s’exalter à la pratiquer jusqu’à l’héroïsme. Il y faut du tempérament et des situations où l’absence de choix conduit à ajuster le désir à l’ordre du monde tel qu’il va. Faire de nécessité vertu, oui. Ainsi la Pauline de Corneille dans Polyeucte. Elle a fait longtemps de l’obéissance à son père un devoir absolu, jusqu’à ce qu’elle découvre que la volonté de Dieu la libérait de la volonté des hommes... Plus d’une parmi les combattantes du voile est sûrement du bois dont Corneille a taillé ses héroïnes. Mais beaucoup confondent encore volonté de Dieu et volonté des hommes. Il leur reste à sacrifier le confort d’une appartenance – somme toute protectrice – pour aller au bout de la démarche héroïque. Ce qui ne va pas de soi.

Pour en revenir à des considérations plus concrètes, il faut dire que le libéralisme occidental – tant moral qu’économique – n’est pas toujours fait pour les aider à voir clair en elles et autour d’elles, nos combattantes du voile. La pratique du sexe à tout va et à toute heure suggérée par le port du string – qui dépasse de la lisière du pantalon moulant et à taille basse – a de quoi effaroucher toute pucelle élevée dans l’exigence traditionnelle – plus ou moins assortie de piété – de le rester jusqu’à la défloration triomphale du mariage (et plus encore les mâles apparentés qui – les malheureux ! – s’obstinent à placer leur honneur personnel et tribal dans l’entrejambe de leurs filles, sœurs et épouses).

Le port du string donc. Il s’inspire visiblement de l’effeuillage de cabaret – spectacle payant auquel on est libre d’assister ou de ne pas assister. Mais en tant que mode vestimentaire, le string se fait spectacle de rue et s’impose indifféremment – comme le port du voile – au regard de qui veut voir et de qui ne voudrait pas voir. On nous dit – avec des trémolos de voix ou de plume – qu’il est dévoilement de la beauté du corps féminin (quand beauté, il y a...).

Remarquons d’abord que ce dévoilement-là – les commandes de la mode étant aux mains des hommes – est une invention masculine plus émoustillante qu’artistique et assistée par une complaisance femelle décidément inusable et sans grand discernement. Confondre titillation sexuelle et émotion esthétique, c’est desservir l’alliage naturel ou l’alliance savante de la nudité et de la beauté. La nudité est belle quand un corps émerge – comme un avènement de la vie – du milieu qui le contient.

La création d’Adam
Michel Ange(1475-1564)

Ainsi la nudité – d’une innocence fragile et menacée – de la Vénus de Botticelli ; ainsi celle d’Adam, d’un érotisme sublimé par le geste d’un Dieu tendrement créateur au plafond de la chapelle Sixtine ;
ou celle encore – silencieuse et narquoise – de l’une des femmes du Déjeuner sur l’herbe de Manet, juxtaposée avec un naturel confondant à la vêture et au caquet de deux hommes...

Le déjeuner sur l’herbe — Edouard Manet (1862-1863)

Les nus de la peinture ou de la sculpture ne se détaillent pas en articles de séduction. Ils nous apprennent à contempler la beauté entière des corps selon une délicate palette de regards sur le corps. Le pinceau du peintre peut être érotique tant qu’on voudra (regardez la Danaé du Titien ou la Maja desnuda de Goya ).

La Maja desnuda – A. Goya (1746-1828) Musée du Prado, Madrid

Il n’est pas pornographique. Le string est pornographique. Le voile aussi.

La pornographie, c’est la sexualité publicitaire qui réduit le corps sexué à l’état d’objet de consommation. La femme libre vit son corps sexué comme mode personnel, intime et privilégié, d’une relation humaine. Elle en dispose selon l’élection de son désir, elle ne le débite pas à tout venant en tranches affriolantes.

La naissance de Vénus, Sandro Botticelli (1445-1510)Danaé, Le Titien (1490-1576), Musée du Prado, Madrid

Le string et le voile expriment – dans une opposition symétrique – l’aliénation du corps féminin :

— Ouvert au public, libre service swingue le string.

— Propriété privée, défense d’entrée (attention chien méchant !) marmonne le voile à chaque froissement de pli.

On comprendra que voile et string n’ont pas leur place là où la femme peut et doit se prévaloir d’une entière humanité. Une salle de classe par exemple.

Messages

  • Je suis tout à fait d’accord avec ce texte.
    Encore une fois, la femme se fait avoir par les hommes. Dans le cas du voile, parce qu’elle croit plaire à Dieu, dans le cas du string, parce qu’elle croit être libre.
    Et quand un proviseur exige des tenues correctes dans son établissement (ce qui est bien normal), aussitôt les associations féminines s’insurgent, disant que l’on veut restreindre les libertés de la femme, qu’elle a eues du mal à conquérir ! C’est le monde à l’envers ! Sous prétexte d’émancipation, elles se font complices de cette perversion banalisée.
    De tous temps, les hommes (en tout cas, la majorité) ont tendu des pièges aux femmes, et de tous temps, la plupart des femmes est tombée dedans tête baissée, sans trop réfléchir.

    • ouai PQ pas chuis une femme et j’avoue, les femmes tombent majoritairement dans les pièges des hommes.

      Tout comme je dirais le peuple tombent dans les pieges de leur Etat sois disant democratique. (bha aller y en Irak entant que femme je vous laisse ma place LES GARS (bha oui les hommes aussi sont des cons j’allais ppas l oublié eux aussi)

      Tout comme les minorités visibles et de couleur « bronzé », assimilant parfaitemant leur sois-disant « culture » de race inférieur donc main-d’oeuvre bon marché sur le plan econnomique. ils mettent le voile pour qu’on les stigmatise encore un peu plus facilement ou sh’abille en gangster noir americain.Hien les rappeur.Z’Y VA TOI

      Bha oui c’est pas la peine de se mettre la corde au cou.

      Elle viendra bien assez tôt.

      BHa j’ai aussi vu des juifs à la télé qui re-portait l’étoile jaune. lors d’une manifestation en Israel.

      HA OUI j’ai oublié les con qui tombent dans les piege des credits (H/F)

      Voila comment je mesure le degré d’imbécilité ou d’ignorance chez un(e) inconnu(e) Plus il se déguise et plus il est con.

      TRADUCTION : l’individus (H/F, jaune rouge vert bleu ...)plus il singe les stéréotype qu’on attent de lui et plus je doute de la musculation artierielle de son cervaux.

      c’est certain.

      ++

      KROLe

    • je suis désolée de lire de tels commentaires, moi je dis que chacun est libre de porter ce qu’il désir. la femme voilée doit être respecter, ce n’est pas un acte de soumission comme certaine le suppose, bien au contraire, à travers ce voile, c’est leur pudeur qui s’exprime, quand à celle qui opte pour le string qui d’ailleurs peut trés bien être compatible avec le voile !!!!!!! libre à elle on ne se proméne pas en sous vêtement que je sache.
      ps : je suis une femme non voilée et pourtant j’ai du respect pour ces derniéres.ce que je constate c’est ce manque de tolérance chez certains qui affichent sois disant une ouverture d’ésprit.