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Kieser ’l Baz (Illel)

Illel Kieser-‘l Baz est né en Algérie en 1947. Il passe toute son enfance dans les montagnes kabyles. En 62, le contexte politique l’oblige à s’exiler en France. Son enfance au carrefour de deux cultures, l’européenne et l’africaine, le poussera à établir des comparaisons entre différents systèmes de représentation, et à développer une réflexion sur les croyances et les idéologies.

Après des études d’ingénieur, il obtient le diplôme de Psychologue Clinicien (Institu de Formation des Psychologues Clinciens, Paris VII) et un DEA en Sciences Sociales sur les représentations du féminin à partir de la vie de Jeanne d’Arc, de Ste Thérèse d’Avila et de Etty Hilsum. Parallèlement, il monte avec Wolinsky, Gébé, F. Schott-Billman, G. Clavreuil, ... une revue littéraire, L’enveloppe bleue. Il écrit pour le théâtre, intervient comme comédien et metteur en scène. Il crée ou produit un grand nombre de spectacles, avec Higelin, Areski, Fontaine, Arestrup. (Versailles)

Dès 82, il crée un Institut de Recherche et de Formation en Anthropologie (FaLAP) dont les travaux portent sur les sociétés contemporaines, leurs mythes et rumeurs. Il intervient dans de nombreux congrès et colloques. Il participe au groupe de recherche trans-universitaire et trans-disciplinaire européen Europa Mater, qui travaille sur la constitution de l’identité européenne.

De 1985 à 1992, il est directeur de la publication de la revue : Conscience de, anthropologie, philosophie, étude des cultures et des mentalités, et en 1983, directeur général de la maison d’édition en sciences humaines Lierre & Coudrier Éditeur.

Sa recherche actuelle porte sur les idéologies souterraines de l’Occident contemporain, et sur la façon dont le « religieux » et le sens du sacré continuent à y être opérant.

Actuellement, plusieurs séjours au Canada (Québec) et aux USA pour y recenser, évaluer et rapporter les mesures sociales, psychologiques et juridiques relatives aux crimes sexuels commis sur les enfants.

Une abondante documentation est en cours d’élaboration suite à ces enquêtes.

Publications

L’anima, in « Femme, féminin », Collectif, revue Conscience de, Paris 1989

Inanalyse, le déclin de la psychanalyse en Occident, Lierre et Coudrier éditeur, Paris 1989

Éloge de la souffrance de l’erreur et du péché, Lierre et Coudrier éditeur, Paris 1990

La naissance accompagnée, Lierre et Coudrier éditeur, Paris 1991

Histoire des Incas de Franklin Pease, Collaboration littéraire, Maisonneuve et Larose, Wamani éditeur, Paris 1995

Infiltrations, Éditions le Manuscrit, Paris 2006

Inceste et pédocriminalité, crimes contre l’humanité, Éditions Fleur de Lys, Montréal, 2007

« La lecture anthropologique du cadeau en marketing : une approche multidimensionnelle du lien marchand », avec Jacqueline Winnepenninckx-Kieser,
In Du lien marchand, comment le marché fait société, ouvrage collectif sous la direction de Frank Cochoy, Presses Universitaires du Mirail, 2012

Autres Publications

Sur Psychoressources, articles de psychologie,

sur Agoravox, articles généralistes

sur Hommes et Faits, tous les articles de psychologie et d’anthropologie

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En complément, essai personnel sur un itinéraire...

Extraits de l’article de Brigitte Guerin-Carnelle
In De la disparition des psychologues cliniciens : Luttes et conflits
 Par Patrick Ange Raoult
« Psychologue clinicienne, formée à Paris VII, appartenant à la génération du baby boom, j’ai bénéficié dune formation particulière qui a rapidement disparu sous sa forme initiale.
Première année à la Sorbonne, enseignements de philosophes : Canguilhem, Jankélévitch, Otto Klineberg, entre autres, qui nous ont ouvert à une pensée construite,
[...]
Enfin notre adhésion plus que notre participation à la création au sein de l’université des sciences humaines cliniques et des formations proposées par les psychanalystes (Jean La planche, Claude Revault d’Allonnes, Jacques Gagey, à l’ombre de Madame Favez).
Nous nous sommes trouvés immergés dans cette richesse autant que dans une certaine incompréhension de ce qui se jouait, alors, dans l’histoire de la psychologie, enseignée par Paul Fraisse ! Au travers du livre d’Annick Ohayon j’ai pu enfin comprendre nombre de secrets de cette famille psy qui nous avait autant fasciné.
À l’issue de la maîtrise, on nous a proposé un cursus de formation intitulé Institut de Formation des Psychologues Cliniciens de l’Université de Paris VII. Pour accéder au cursus, qui durait deux années, chaque étudiants était dans l’obligation d’exercer le métier au moins 15h par semaines, dans un réel statut de psychologue.
L’enseignement était organisé autour de deux axes théoriques au choix, en psychanalyse, en, psychologie sociale, en psychologie clinique et pathologique, etc. et des groupes d’analyse de pratiques, d’une part, à la relation dite duelle et d’autre part, à la relation institutionnelle. Une fois par semaine, par groupe de 5 ou 6, nous nous retrouvions autour d’un psychanalyste le plus souvent à son cabinet, pour faire ce travail. [...] de réfléchir à nos implications et nos positionnements dans les deux registres, quelles que soient les situations. »
...

Je reprends à mon compte les dires de Brigitte Guerin-Carnelle qui a fait jusque là un travail de critique institutionnelle sur l’exercice de la psychologie clinique et sur une mort annoncée. J’ai arrêté la citation précisément à l’endroit où ma route s’est éloignée de l’exercice de la psychologie clinique en institution, en 1984. C’est sur les conseils de Claude Prévost, il voyait plus juste que moi, que j’ai entamé une recherche sur l’imaginaire, j’ai également suivi durant plusieurs années les séminaires de « l’Arbre Vert » dirigé par André Virel. Au détour j’ai découvert l’ethnomédecine, les enseignements de Yves Lecerf et les perspectives globales que Leroy Gourhan assignait à l’anthropologie. J’ai ainsi définitivement orienté mon regard sur les mécanismes qui sont à l’œuvre dans les sociétés : rumeurs, préjugés, peurs irrationnelles, phénomènes de masse, etc. Je sais désormais que le clinicien ne peut pas exercer sa fonction avec toute la liberté nécessaire s’il ne tient pas compte des effets culturels, sociaux, moraux et physiques de l’environnement. On ne peut construire de véritable science de l’homme si l’on ignore comment, depuis l’état primaire de la cellule jusqu’à l’organisation complexe d’un cerveau, l’Homme demeure inséré dans une chaîne d’évolution qui, depuis 200 000 ans environ, n’a jamais fait de l’humanité une exception de la nature. Cela n’est nullement incompatible avec la démarche d’intériorité des grands « chamans » que l’humanité à produits au cours des âges.
Étrangement, les théries étonnantes du courant des neurosciences initié par Allan Hobson, Varela, Damasio et Charles D. Laughlin me ramènent à mes dernières années d’études à l’Institut quand la plupart de mes amis et collègues suaient sang et eau pour essayer de « pénétrer l’étrange et subtile et trop paradoxale pensée » de la neurophysiologie dont des étudiants en médecine s’amusaient à nous gaver, nous autres littéraires. Je sortais de la faculté d’Orsay après un retentissant échec mais la méthodologie et la rigueur des sciences dures me rendaient la tâche facile. Avec plusieurs années d’observations et d’expérience, il me semble maintenant être en mesure d’achever une recherche initiée en 1984 sur l’imaginaire, cette fois sur la base des neurosciences.

Voir en ligne : Les auteurs


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