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Image mentale

Représentation subjective, actuelle, d’un objet, d’une personne, d’une scène etc., survenant durant l’activité de veille, en l’absence de cet objet, de cette personne ou de cette scène – on parle aussi, dans ce cas, d’image-occurrence ; entité mentale dont on suppose l’existence en mémoire pour rendre compte de ce phénomène – on parle aussi dans ce cas, d’image type.

Au Moyen Age, le mot « image » désignait toute figure sculptée ou peinte.

Psychologie : Image mentale. Cette notion a joué un grand rôle dans la psychologie subjectiviste du début du XXe et a connu un regain d’études depuis le milieu des années 60. Son étude a été d’abord conduite en relation avec le langage, à la fois grâce aux réponses et au compte rendu que celui-ci permet sur ce qui se passe « à l’intérieur » des sujets, et grâce aux possibilités qu’il offre d’induire des événements mentaux chez ces sujets. L’exemple le plus simple consiste à présenter un nom, et à demander aux sujets de former l’image mentale correspondante ; on peut ainsi établir des « valeurs d’imagerie », variables selon les mots ou les individus, et mettre cette activité en relation avec une série d’autres activités : mémorisation, lecture, compréhension, etc.

Les images mentales entretiennent des rapports très étroits avec les perceptions correspondantes ; on peut ainsi demander aux sujets d’effectuer divers types d’opération sur des images mentales : les faire tourner sur elles-mêmes, feindre de s’en approcher ou de s’en éloigner, par exemple. On parle à ce propos du caractère « analogique » – par rapport à la perception – de l’image mentale.

On considère généralement aujourd’hui que le support cognitif de l’image subjective, actuelle, ou « image occurrence » est une sorte d’entité existant dans la mémoire du sujet, appelée aussi « image » ou image-type. Les rapports entre cette entité et les significations des mots, les concepts, etc. font l’objet de débats et de recherches.

Les travaux de J. Piaget ont montré que l’image mentale ne découlait pas directement de la perception mais était une reconstruction active de la part du sujet : une imitation intériorisée.

Ainsi l’image mentale d’un mouvement du corps propre est une forme d’imitation intériorisée des mouvements perceptifs.

L’image mentale ne peut être étudiée que par l’intermédiaire d’une production concrète : reproduction graphique ou gestuelle. Piaget distingue deux types d’images mentales : les images reproductrices, qui évoquent des spectacles présents ou précédemment perçus, et les images anticipatrices, qui imaginent des transformations de l’objet, des mouvements et de leurs résultats, sans qu’ils aient été vus auparavant.

L’apparition des images mentales chez l’enfant est liée à l’avènement chez lui de la fonction sémiotique : la différenciation entre signifié (l’objet réel) et signifiant (son image mentale) permet d’évoquer l’objet en son absence.

Chez l’enfant : premières images mentales à la fin de la période sensori-motrice (deuxième année) : soit des images reproductrices, copies. Les images anticipatrices apparaissent plus tardivement au moment des opérations concrètes (7-8 ans).

Chez le petit pas de pensée opératoire, c’est à dire une pensée qui permet d’anticiper et de représenter les transformations.