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Imaginations

Choses imaginaires, constructions de l’esprit, créations plus ou moins chimériques d’une activité mentale incontrôlée ou déréglée.
Philosophie : l’imagination est appréhendée chez Platon, comme la faculté de se représenter une image irréelle à laquelle elle veut conférer une réalité.
« Ainsi, quand un homme se fait fort de tout créer par un seul art, nous reconnaissons qu’en fabriquant des imitations il sera capable, grâce à son art, de peindre, de faire illusion et de faire croire qu’il est parfaitement capable de fabriquer réellement tout ce qu’il lui plaît ».
L’imagination est ainsi, dès l’origine de la réflexion philosophique, perçue comme une source d’erreur. La cause de la fausseté réside dans le fait que l’imagination veut se faire passer pour ce qu’elle n’est pas : la perception.
Si cette conception se conserve chez Aristote, comme quoi nous ne pouvons accorder aucune réalité objective aux entités que nous imaginons, l’imagination, pour lui, ce processus psychique dérive de la sensation « un mouvement engendré par la sensation en acte ».
Chez Descartes, deux imaginations :
a l’imagination psychique,
b l’imagination corporelle (reçue par les sens), qui elle-même se différencie en imagination reproductrice (conservant les traces des figures) et imagination créatrice (en créant de nouvelles).
Pour Spinoza, « L’âme, autant qu’elle peut, s’efforce d’imaginer ce qui accroît ou seconde la puissance d’agir du corps ».
Pour Kant, « L’imagination est le pouvoir de se représenter dans l’intuition un objet même en son absence ».
En tant que l’imagination est spontanéité, je l’appelle aussi, imagination productrice, et je la distingue là de l’imagination reproductrice, dont la synthèse est uniquement soumise à des lois empiriques, à celles de l’association, et qui, par conséquent, ne contribue en rien par là à l’explication de la possibilité de la connaissance a priori, et pour cette raison n’appartient pas à la philosophie transcendantale mais à la psychologie.
Pour Sartre, il s’agit de revenir à l’image même et prouver que celle-ci est radicalement différente d’un objet.
Chez Sartre l’imagination est une conscience, la conscience de viser ce qui n’est pas. C’est le statut même de la conscience puisqu’elle est intentionnalité, c’est à dire qu’elle est sur le mode de n’être pas.
L’imagination pose ou ne pose pas la question de l’objet. Qui pose l’objet dans la réalité ou dans le réel.
Imagisme : courant poétique anglo-américain (1912) : le poème doit se mouler physiquement sur la perception (surtout visuelle) qu’il évoque).
Imago : forme définitive de l’insecte adulte sevré : insecte parfait. L’état définitif des insectes à métamorphoses complètes.
Imago (G. Jung, 1911) : désigne une représentation telle que le père, la mère, qui se fixe dans l’inconscient du sujet et oriente ultérieurement sa conduite et son mode d’appréhension d’autrui.
Chez Engel, l’imago est élaborée dans une relation intersubjective et peut-être déformée par rapport à la réalité. Ainsi l’imago d’un père fort peut être substituée à un père inconsistant dans la réalité.
Pour Lacan, l’imago a une fonction identificatoire qui donne forme aux instances de la personnalité. L’imago du corps propre, retrouvé dans le père ou l’hallucination, correspond à l’image spéculaire au temps inaugural du stade du Miroir. Les imagos du corps morcelé, servirait par exemple autant de substrats des images de castration, de déviation et d’éclatement du corps. Un des effets essentiels de l’imago est d’être constitutif de l’aliénation du sujet.