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Agression sexuelle

Une agression sexuelle est un acte de pouvoir et de domination de nature criminelle.

C’est une expérience déshumanisante, une violation profonde de l’être humain. Certaines victimes racontent que l’agression les a changées, leur a enlevé quelque chose. Au lieu de la considérer comme une personne, avec respect, l’agresseur a réduit la personne au statut d’objet sexuel : il l’a utilisée comme une chose.

Définition
Une agression sexuelle est un geste à caractère sexuel, avec ou sans contact physique, commis par un individu sans le consentement de la personne visée ou, dans certains cas, notamment dans celui des enfants, par une manipulation affective ou par du chantage.

Il s’agit d’un acte visant à assujettir une autre personne à ses propres désirs par un abus de pouvoir, par l’utilisation de la force ou de la contrainte, ou sous la menace implicite ou explicite. Une agression sexuelle porte atteinte aux droits fondamentaux, notamment à l’intégrité physique et psychologique et à la sécurité de la personne.
Cette définition s’applique quels que soient :

l’âge, le sexe, la culture, la religion et l’orientation sexuelle de la personne victime ou de l’agresseur sexuel ;

le type de geste à caractère sexuel posé et le lieu ou le milieu de vie dans lequel il a été fait ;

la nature du lien existant entre la personne victime et l’agresseur sexuel.

On parle d’agression sexuelle lorsqu’on utilise les termes légaux suivants : viol, abus sexuel, infractions sexuelles, contacts sexuels, inceste, prostitution juvénile, pornographie juvénile, exhibitionnisme.

Quelques statistiques

À peine 10% des agressions sexuelles sont signalées à la police ;
Selon les données signalées, dans presque tous les cas, soit 98%, l’agresseur était de sexe masculin ;

Parmi ceux-ci, 19% étaient âgés de moins de 18 ans ;

La majorité des victimes d’agression sexuelle sont de sexe féminin, soit un peu plus de 80% ;

Une grande part des victimes se retrouve chez les jeunes : 62% ont moins de 18 ans ;

Dans 70 à 85% des cas, l’agresseur est connu de la victime ;

Les victimes sont huit fois plus susceptibles que les « non-victimes » de faire des tentatives de suicide et cinq fois plus susceptibles de faire une dépression nerveuse.

À la suite d’une agression sexuelle, il est possible que les victimes ressentent plusieurs émotions, douleurs et malaises. Quand ces agressions durent et s’étalent dans le temps comme c’est le cas quand la victime subit l’autorité du prédateur, parent, prêtre ou éducateur les dommages sont beaucoup plus étendus car ils ébranlent la structure même de la personnalité de l’enfant.

Principales conséquences observées chez les jeunes enfants et les adolescents :

sentiment de peur, de trahison, de culpabilité, d’ambivalence ;
anxiété, dépression ;

faible estime de soi, colère ;

insomnie, troubles du sommeil (cauchemar) ;

retard de développement (physique, psychologique) ;

troubles d’attention, problèmes scolaires ;

comportement sexuel inadéquat en fonction de l’âge ou du niveau de développement ;

problèmes de comportement, fugue, prostitution ;

délinquance, toxicomanie, comportement autodestructeur (mutilation) ;

problème alimentaire (boulimie, anorexie) ;

somatisation, douleurs chroniques ;

maladies transmises sexuellement (MTS, Sida, etc.) ;

retrait du milieu familial, placement, perte du soutien maternel, etc.

Principales conséquences observées chez les adultes victimes (80% des cas répertoriés sont des femmes) :

peur des représailles de l’agresseur ;

dépression, angoisse ;

sentiment de trahison, de culpabilité ;

insomnie, trouble du sommeil (cauchemar) ;

faible estime de soi, colère ;

dysfonction sexuelle, baisse du désir sexuel ;

idées suicidaires, tentatives de suicide ;

abus d’alcool, drogue, pharmaco dépendance ;

désordre alimentaire ;

douleurs chroniques, maladies transmises sexuellement (MTS, Sida, etc.) ;

manque d’efficacité au travail, perte d’emploi ;

peur et méfiance généralisées ;

non participation à la vie sociale et collective, frein au développement et à l’autonomie, etc.

Certaines conséquences (peur de l’agresseur et de représailles, crainte de la réaction des parents et des proches, sentiment de culpabilité et de honte, etc.) peuvent pousser la victime à ne pas parler de l’agression qu’elle a subie.

Cependant, rompre le silence permet d’atténuer les effets d’une agression sexuelle. Il est donc important d’en parler à quelqu’un. De ce point de vue, la généralisation est impossible car chaque histoire présente ses propres particularités individuelles.