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Abus sexuels

Voir également Psychotraumatisme



En France, l’affaire des innocents d’Outreau a aussi été celle de l’incompétence des experts commis par les tribunaux. Si bien que, confronté à des soupçons face aux comportements d’un enfant, on hésite, parfois on se tait. 



L’enfant battu ou victime d ’abus sexuels se présente souvent réservé voire hostile à toute communication avec des interlocuteurs qu’il ne connaît pas. Percer la cuirasse n’est pas chose aisée et il faut pouvoir être patient mais aussi très souple et ne pas hésiter à faire intervenir différentes personnes jusqu’à ce que l’une d’entre elle lui inspire confiance. Cet enfant ne se livre pas facilement car il ne fait plus confiance aux adultes.



S’il y est contraint, il parlera, pour dire ce que l’adulte veut bien entendre. Il sait faire ça car l’adulte prédateur l’a accoutumé à ce genre de comportement.



Quand le fil de la confiance est noué avec un adulte, différents indices
apparaissent : une sensibilité à fleur de peau, des réactions mal maîtrisées quand il est touché, des évitements en réaction à certaines questions qui contrastent avec une grande labilité face à d’autres. Il a appris à donner le change.



Dans ce climat de confiance créé par un adulte à son écoute, son anxiété de fait palpable. Il manifeste sa crainte de perdre cet embryon de confiance et de compréhension. 



Dans la vie sociale, scolaire ou associatives quelques indices se manifestent qui sont susceptibles de poser un premier diagnostic. Ces comportements peuvent apparaître très vite après l’agression : 


tendance à se tenir
à l’écart des autres, à se replier sur lui-même et à s’isoler


 


éprouve certaines difficultés à accompagner une personne en particulier ou un type de personnes (homme, femme)


 


s’adonne à des jeux sexuels ou fait des récits mimés de comportement sexuel, utilise ses jouets à ces fins


 


sommeil agité (cauchemars), urine involontairement au lit


 


souffre
d’infections, de maladies transmissibles sexuellement, de troubles digestifs, d’énurésie


 


semble troublé, distrait, anxieux, turbulent, déconcentré et inattentif


 


éprouve un
sentiment de culpabilité et de faible estime de lui-même


 


délaisse ses activités préférées, il a une baisse remarquable dans son rendement scolaire


 


ses dessins (ou ses écrits pour des enfants plus âgés) font apparaître des graphies (ou des formules) très nettement connotées sexuellement. 



Quand ces attitudes ou comportements surviennent en rupture aux habitudes de
l’enfant, le signalement auprès d’une autorité s’avère nécessaire et urgent.



D’autres attitudes peuvent être conséquentes à des maltraitances ou à des abus sexuels. L’enfant se sent coupable de situations dans lesquelles il est impliqué " je n’aurais pas dû faire ça" etc. Nombre de prédateurs établissent leur
domination en soumettant l’enfant au chantage de la culpabilité : "Si tu en parles, tu vas faire mal à maman..."



"Tu vas détruire toute la famille !" 



Autre comportement signalétique d’une souffrance intérieure : une agressivité proche du sadisme. La volonté de faire mal est évidente... (Mais cette sorte d’agressivité outrancière peut apparaître dans d’autres circonstances qui n’ont rien à voir avec un abus sexuel) 



D’une manière générale, les attitudes et comportements signalant l’abus sexuel seront différents selon qu’il s’agit d’un garçon ou d’une fille mais aussi selon la typologie introverti/extraverti. La fille intériorisera - dessins, écrits, confidences, etc. -un garçon manifestera sa souffrance par des comportements "d’expulsion" - agitation, agressivité, bouderie. Mais un garçon introverti
réagira sur le même mode qu’une fille, une fille extravertie qu’un garçon. 



Enfin, la notion de crédibilité à propos des dires d’un enfant ne repose sur aucune base scientifique ; Ce qui importe, c’est le climat de confiance que l’adulte aura su créer auprès de l’enfant qui sera un gage de probable vérité. Or, de cela seul l’expert en est comptable, c’est pourquoi il devrait être exigé une plus grande transparence dans la manière dont les entretiens se déroulent.



Une fois les premiers indices recueillis, il importe d’opérer des recoupements, auprès de la famille, des proches, des personnels scolaires ou éducatifs. Il ne faut pas négliger la fratrie car un frère ou une sœur témoin silencieux des abus aura à cœur de livrer, enfin, sa vérité.