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Qualia

Les « qualia » : les sensations dont nous sommes conscients. Si on me pique avec une aiguille, j’éprouve une expérience subjective qui n’appartient qu’à moi et ne peut se réduire à une quelconque description objective.

Pour certains neurologues, les qualia sont une des parties du problème de la conscience.

Les qualia ne sont pas des objets flottant librement. Pour éprouver des qualia, le moi est nécessaire. De même, il n’y a pas de moi sans qualia. Les qualia et la conscience peuvent être considérés comme les deux faces d’un ruban de Möbius : on ne peut comprendre l’un sans comprendre l’autre. Les deux ont évolué de concert chez nos ancêtres. Ils sont liés aux aires du langage dans le cerveau. Car, pour qu’un qualia ait un sens, il faut qu’il y ait du sens.

Il n’y a pas des neurones des qualia et des neurones du moi. Le réductionnisme ne doit pas se tromper de niveau. Les qualia et la conscience doivent se comprendre au niveau de circuits de neurones, dans des familles de neurones. Ce n’est pas non plus le cerveau tout entier qui est concerné, ce sont des structures bien circonscrites. Ce qu’il faut, c’est cartographier – Voir Damasio – la logique fonctionnelle des qualia, du moi et du sens. Comprendre la formation du sens, c’est le Graal des neurosciences. On en trouve des rudiments chez les singes et surtout les grands singes. Mais du point de vue évolutif, les qualia, le moi et le sens sont liés à l’émergence chez l’homme de structures cérébrales qui lui sont propres : le gyrus supramarginal et le gyrus angulaire (les singes possèdent une armature unique, beaucoup moins développée, qui préfigure ces deux structures). Celles-ci agissent de concert pour générer notre sens du moi, qui est ancré dans le sens de son propre corps, mais aussi dans la faculté de se projeter dans l’avenir et de planifier ses actions, impliquant les lobes frontaux. Le moi est aussi capable d’examiner le sens des informations qui lui parviennent. Cela signifie qu’à un moment donné de l’évolution nous sommes passés de la représentation sensorielle à la métareprésentation : la représentation de la représentation. Contrairement à la drosophile, nous pouvons manipuler des symboles à l’intérieur de notre tête, ce qui implique l’aire de Wernicke. Et tout cela agit de concert, pour créer l’expérience duale, indissociable, des qualia et du moi, expérience propre aux humains.