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Jean Piaget

Jean William Fritz Piaget, né le 9 août 1896 à Neuchâtel et mort le 16 septembre 1980 à Genève, est un psychologue, biologiste, logicien et épistémologue suisse connu pour ses travaux en psychologie du développement et en épistémologie à travers ce qu’il a appelé l’épistémologie génétique.

Son approche de l’évolution psychologique chez l’enfant demeure fondamentale.

Mais sa contribution la plus actuelle est sa théorie biologique de la connaissance.

« Biologie et connaissance » est le titre d’un important ouvrage théorique dans lequel Piaget fait la synthèse des recherches et des réflexions poursuivies pendant des décennies (JP67a). « Biologie et connaissance » désigne aussi le cœur de l’œuvre dans la mesure où le projet que s’était fixé l’auteur vers 1920 était l’établissement d’une théorie biologique de la connaissance, et qu’une part importante de ce projet consistait à développer une épistémologie de la biologie.

L’originalité profonde de Piaget, tant en biologie qu’en épistémologie et en psychologie, est d’avoir systématiquement cherché à rapprocher ces disciplines, mais sans réduire la biologie aux sciences de l’intelligence et de la connaissance, et encore moins l’inverse.

Biologiste de formation, Piaget a très tôt pu constater le peu d’intérêt que les biologistes portent généralement aux problèmes de la connaissance. En sens inverse, il a pu constater soit l’ignorance fréquente des psychologues par rapport aux problèmes et aux solutions biologiques, soit l’évocation parfois quelque peu magique qu’ils font de la biologie pour rendre compte de l’origine des connaissances.

Enfin il a pu également observer le caractère un peu paradoxal du recours aux facteurs biologique et psychologique dans l’explication de cette origine : le facteur intérieur est considéré souvent comme presque entièrement biologique (rôle de l’inné et de la maturation biologique dans la genèse des connaissances), la psychologie se réservant le champ de l’acquisition des connaissances empiriques chez les sujets.

Une part importante de l’approche piagétienne des rapports entre biologie et connaissance va précisément consister à rompre avec cette distribution classique des rôles : d’un côté des biologistes darwiniens, qui privilégient la variation au hasard des formes biologiques, y compris pour ce qu’il y a d’inné dans la connaissance, et de l’autre des psychologues tout occupés à établir les lois de l’apprentissage empirique.

Jean Piaget a consacré la plus grande partie de sa vie adulte à résoudre sans relâche, obstinément, des problèmes qu’il a découverts et formulés lors d’une adolescence studieuse et souvent hantée par de profondes interrogations religieuses, métaphysiques et morales, mais aussi très tôt vouée à des recherches étonnamment précoces en sciences naturelles. Évolution du vivant, genèse de l’intelligence et des formes universelles de la raison humaine, origine et valeur des différents types de connaissance scientifique… ces thèmes n’ont cessé d’être à l’arrière-plan de toutes les recherches et réflexions menées en biologie, en psychologie, en épistémologie, voire en logique, en sociologie, en pédagogie et en philosophie.

Parallèlement à ses nombreuses obligations universitaires à Genève, Lausanne et Paris, Piaget assume la direction du Bureau international d’éducation pendant 39 ans (1929-1968). Sous sa direction, la vocation du BIE consiste à promouvoir la compréhension entre les peuples par delà les nationalismes et les idéologies politiques. Pour atteindre sa finalité pacifiste, le BIE mise sur l’éducation de la jeunesse, la formation des enseignants et le dialogue entre Ministres de l’Instruction publique des pays membres.

Cette dimension militante de Piaget s’accompagne de conférences sur l’éducation, écrits injustement oubliés que Constantin Xypas a réédités sous le titre : Jean Piaget, L’éducation morale à l’école. De l’éducation du citoyen à l’éducation internationale (Anthropos, 1997). Ce livre vient compléter les textes moins engagés que le « Maître » a lui-même réédités dans Psychologie et pédagogie (Médiations, 1969) et Où va l’éducation ? (Médiations, 1972).

**Théorie générale

Piaget reprend dans ses explications théoriques des concepts baldwiniens tels que l’adaptation par assimilation/accommodation et la réaction circulaire.

Il s’appuie sur les travaux de Binet et les enrichit à la demande de Théodore Simon.

Sa théorie est inspirée par la philosophie évolutionniste de Spencer et la philosophie de Kant. Elle est aussi une théorie constructiviste originale de la genèse de l’intelligence et des connaissances humaines qui permet à Piaget d’établir des liens étroits entre la problématique biologique de l’évolution et de l’adaptation des espèces et la problématique psychologique du développement de l’intelligence.

Selon Piaget, l’origine de la pensée humaine ne naît pas de la simple sensation, elle n’est pas non plus un élément inné. Elle se construit progressivement lorsque l’individu, et en particulier l’enfant, entre en contact avec le monde. Grâce à ces contacts répétés l’enfant développe des unités élémentaires de l’activité intellectuelle, appelés schèmes.

Un schème est une entité abstraite qui est l’organisation d’une action (ex. la succion). Les schèmes se transforment en devenant plus généraux (succion d’autres objets), plus nombreux et donc deviennent plus « mobiles ». Ils se combinent dans une organisation de type moyen-but (ex. le râteau pour prendre un objet). Selon Piaget, les schèmes sont un ensemble organisé de mouvements (sucer, tirer, pousser...) ou d’opérations (sérier, classer, mesurer...) dont l’enfant dispose (dans le premier cas), ou qu’il acquiert et développe par son interaction avec le monde environnant.

Ces schèmes s’ancrent dans l’esprit, lorsque l’expérience les conforte, ou se modifient lorsqu’ils sont contredits par les faits (il nomme abstraction réfléchissante, cette abstraction, si celle-ci s’appuie sur des schèmes acquis précédemment dans un contexte différent4).

À chaque fois que l’individu perçoit un objet (qui peut être physique ou une idée), il essaie de l’assimiler. Si cette assimilation, c’est-à-dire l’intégration de l’objet à un schème psychologique préexistant échoue, alors commence un processus d’accommodation. En d’autres termes l’assimilation est un mécanisme consistant à intégrer un nouvel objet ou une nouvelle situation à un ensemble d’objets ou à une situation pour lesquels il existe déjà un schème, alors que l’accommodation est un mécanisme consistant à modifier un schème existant afin de pouvoir intégrer un nouvel objet ou une nouvelle situation.

De nombreux éléments de biographie et une bibliographie sur le site de la Fondation Jean Piaget

http://www.fondationjeanpiaget.ch/fjp/site/biographie/index.php