Débats — Échanges

 

Exemplaire infiniment précieux du 'De humani corporis fabrica.Libri septem', Basilae, ex officina Ioannis Oporini, 1543.
Thèmes et sujets abordés
 

La violence urbaine

De: "Pierre.DESEUF"
À:
Objet: [anthropo] La violence urbaine
Date : mardi 22 août 2000 00:56
J'ai lu avec intérêt votre texte sur la violence urbaine;
je suis professeur d'école en banlieue (tourangelle) et je ne peux parler que des différentes expériences de terrain, comme vous les définissez.
Je suis tout à fait d'accord avec vous lorsque vous dites que le phénomène que nous connaissons actuellement n'est pas généré ex nihilo. Mais on peut trouver des traces du type de violence urbaine définie dans votre énoncé bien avant les années 70. On trouve des études portant sur la bande des Apaches qui hantait les quartiers parisiens avant la première guerre mondiale. Les études faites alors montrent une remarquable corrélation avec celle faites aujourd'hui sur le phénomène de bandes : un système de rapport interne identique, les mêmes rapports de domination, la même position par rapport à la société, des actes identiques. Si l'on doit malheureusement en tirer un épilogue, la bande des Apaches a disparu par la Première Guerre mondiale!
 
En revanche, je ne crois pas, à moins d'une confusion de ma part, partager tout à fait votre analyse de la violence. Votre définition de la violence en général est certes intéressantes mais je ne suis pas sur qu'elle mène à quelque chose. Toute société génère une violence car toute société a un système de valeur qui l'amène à considérer comme violente certaine situation type. Bien sur, cette violence n'est pas la même selon les classes sociales. Prenons deux exemples : certaines relations parents enfants dans certaines classes sociales, fondées sur un langage grossier, voire des insultes légères, peut être considéré comme extrêmement violent par un milieu plus favorisé, alors qu'il peut être bien toléré par les membres de la dite famille s'il est considéré comme un manière de s'exprimer normale, et si l'affection est tout de même transmise. Deuxième exemple : un combat entre 2 pratiquants d'arts martiaux peut être extrêmement violent physiquement, mais être profondément dépourvu de violence dans l'intention.
Ceci est une affaire de système de valeur social, mais je ne veux pas prolonger davantage ce que vous svez mieux que moi. Sorti de là, il ne s'agit pas non plus de faire du relativisme culturel (tout est bon, juste affaire de culture), mais il faut tout de même constater que les valeurs (que je pense bonne) que nous prônons sont aussi affaire de rapport de force culturel.
La question ne permet d'apporter un éclairage sur notre sujet lorsque l'on commence à se demander : "quelle est la signification de cet acte dit violent?" non pas la signification pour la société comme vous l'abordez en disant "peut-on qualifier cet acte de violent?" mais quelle est la signification pour l'individu qui l'a commis?
 
Dans le cas de vos 5 jeunes nantis, ils avaient derrière eux un passif, que je ne connais pas, mais qui a rendu une solution amiable possible. Sans doute parce qu'au moment du méfait, les adultes ont adopté un comportement responsable, mais aussi parce que dans leur passé, ces enfants avaient "subi" une culture qui rendait cette solution possible. Qu'est-ce que ces 5 pouvaient mettre derrière leur acte? Un amusement de la destruction, un rejet intellectuel de la société de consommation ou des valeurs de la classe moyenne a laquelle ils appartenaient? Je ne peux pas le dire, vous pourriez peut être. Mais il y avait derrière une volonté forte d'intégration sociale et de reconnaissance par cet acte. Retrouve-t-on cette signification derrière tous les actes commis aujourd'hui par les dits jeunes de banlieue?
 
Reprenons un de vos exemples. Faut-il passer à la justice ("passer à la moulinette") un jeune qui casse un lampadaire? Est-ce que vous ne croyez pas justement que cela dépend. Vous condamnez un peu vite la justice. Qu'est-ce que ce jeune met derrière? Est-ce juste un acte d'adolescence? Ou autre chose. Je ne parlerai que de mon concret. Certains enfants vivent un "enfer" chez eux. Par abandon d'autorité, d'affection ou autre, certains enfants se constituent un système de valorisation propre et alternatif à notre système social "majoritaire". Pour certains, l'abandon de l'école, ou la résistance à l'école, peut devenir un acte profond de valorisation. Ces enfants dont nous parlons, mis dans l'incapacité de réussir ou refusant cette possibilité considérerons comme acte de valeur celui qui mettra le maître ou un camarade studieux en difficulté. Son mode de comportement peut tendre alors à considérer que le modèle du caïd qui fait peur au citoyen, que le modèle du voleur ou du dealer est plus valorisant que celui de l'adulte, souvent en échec dans ces quartiers (au chômage, en état de déprime,...) ou que celui du professeur qui ne vit pas le quotidien du quartier et ses rapports de force. L'enfant, même jeune, peut alors décider de calquer son comportement sur celui du caïd et faire de cet acte de bris de lampadaire un acte d'appartenance à ce système de valeur (ou pas). Mais si il considère cet acte comme un acte l'excluant profondément du système social majoritaire, le rattachant au caïd, alors quelle solution adopter? Il se peut qu'alors la négociation amiable que vous présentez puisse à son tour être considéré comme un acte de peur, ou de faiblesse, et ne pas sortir ce jeune d'une spirale d'acte violent. La force de la réprimande seule, l'impact d'une négociation, d'un jugement d'un éducateur ou d'un prof peut ne pas être suffisamment chargée symboliquement pour contrebalancer un système de valorisation alternatif profondément ancré chez l'enfant. Il se peut alors que seule la solennité d'une décision de justice puisse ramener le jeune ou sa famille dans un chemin plus socialement accepté par notre majorité. Ou pas. Mais il ne faut pas négliger cette alternative. Tout comme pour nous , le fait que le maître se fâche puisse ne pas avoir d'impact, tout comme la sanction qu'il donne, alors qu'un conseil de discipline avec l'inspecteur présent peut avoir plus de poids. Peut. Il ne faut tout de même pas oublier que contrairement à ce qui est dit dans les médias, ce n'est pas la société qui souffre en premier de cette violence. Ce sont les jeunes eux-mêmes; il ne suffit que de les écouter pour constater dans quelles situations inextricables ils se trouvent engagés par conformisme avec leur système de valorisation. Voire comment l'hypertrophie de leur sens de l'honneur les conduit dans des affrontements stériles.
 
Enfin, je pense qu'il ne faut pas agglomérer comme vous les faites la violence d'un suicide d'ado, la dépression d'un cadre et la violence des jeunes de banlieue si tant est que l'on puisse dénominer un phénomène pareil. Bien sur qu'à tout les échelons sociaux, les contraintes que nous subissons nous fassent souffrir. Mais cette "agglomération" me semblent peu opératoire pour expliquer les violences urbaines. Il n'y a pas le même sens social derrière ces différentes souffrances et la réponses des individus est calibrée sur leur souffrance et leur vécu. Il faut apprécier les délits à leur juste valeur, mais il faut aussi savoir sanctionner. Parce que certaines formes de violence sont le produit d'une telle contestation que la conciliation peut aussi être impossible.
 
Très respectueusement.
 
Pierre DESEUF, maître d'école en ZEP.
Ma réponse
Les points soulevés par Pierre imposent une étude approfondie car à chaque niveau, il n'est pas possible d'apporter une réponse "à la volée". Par conséquent, je préfère préparer un article référencé.

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L'Alchimie, art ou science ?

Dans sa question, Siracide Wolf pose la question suivante :
" Voilà, j'étais à faire une petite recherche personnelle sur l'alchimie et j'ai vu que plusieurs s'accordent à dire qu'il y en a différentes interprétations. Voici l'extrait d'une FAQ qui exprime bien ce fait:

> How is alchemy defined?
> Alchemy is so multifaceted that any definition restricts alchemy to a particular view or excludes aspects that should come within the realm of the alchemical. One cannot reduce alchemy to practical laboratory work, or to interior meditative work with symbols, or to being only a spiritual pursuit. Anthropological, Jungian, esoteric, history of science, semiotic, or other interpretations, are only ways of looking at alchemy. In recent years some people have tended to use the term in a very broad sense.
> Definitions of alchemy tend to reflect individual's underlying philosophical preconception. Perhaps it is best if we found our view of alchemy on the body of alchemical writings, the manuscripts and printed books that constitute and embody the alchemical tradition. This body of alchemical knowledge, preserved in many libraries throughout the world, is probably the securest foundation on which to build a view of alchemy. Those who do not found their opinions and perceptions on this body of tradition, are often drawn to airy speculations and personal belief systems, which cannot be investigated and researched, but only accepted through an act of belief. This was not the way of the alchemists of previous centuries - they did not rely merely on belief, but were constantly investigating, exploring the texts and ideas of previous generations of alchemists, and struggled in their own writings to find their own truth.
> We should beware of any one-dimensional interpretation or definition of alchemy. When alchemy is reduced to a simple interpretation, we can be sure someone is trying to pull the wool over our eyes.>

Je me suis alors souvenu que tu étais anthropologue. J'aimerais bien savoir si tu as eu à étudier l'alchimie de près ou de loin lors de tes études ou de ton travail et ce que tu as appris. Cette interrogation a pour but de découvrir les différentes facettes et de connaître diverses interprétation de l'alchimie.
Merci à l'avance et à la prochaine.
Ciao, Sirac :)
P.S. Cet article a été posté dans les forums afin que ceux qui ont des détails pertinents sur l'alchimie puissent m'en faire part également.
Ma réponse
En premier lieu, il eut fallu, pour la rigueur de l'échange, nous dire dans quels forums cette contribution avait été postée car la réponse francophone mériterait d'être traduite et postée. À retenir pour ceux qui souhaitent apporter leur contribution à une liste de diffusion.
Sur le fond :
Oui, je me suis intéressé à l'Alchimie et à son histoire. Je me suis également penché sur les implications que cette discipline mythique pouvait avoir sur la personne humaine.
Bien sûr, j'ai abordé les auteurs réputés alchimistes, les commentateurs modernes et les interprétations des psychanalystes. J'ai pu repérer des sources jusque dans l'Antiquité et j'ai donc suivi la voie des mystiques antiques.
Cependant je ne suis pas à proprement parlé un spécialiste de la question. L'Alchimie comme mythe me sert dans mon travail au même titre que d'autre doctrines écrites ou parlées (traditions orales). Ma réponse, ici, ne sera donc que très lapidaire, constituant une sorte de résumé de mes travaux sur la question.
Et encore ne répondrais-je que sur ce point évoqué par l'auteur de la contribution ci-dessus : " Faut-il y croire ? "
D'emblée l'auteur pose des restrictions qui sont habituelles dans ce genre de débat. Nul ne peut avoir accès au corpus et au sens profond de l'Alchimie s'il n'a au préalable eu accès à la tradition, évoquée ici par des " bibliothèques ".
Il me faut alors dire que nous sommes depuis environ deux siècles affranchis de toutes les tutelles idéologiques, religieuses, etc. qui pesaient sur le monde antique.
Les religions, la magie, l'Alchimie appartiennent à tous et peuvent devenir des objets d'études, historique, psychologique.
Certes, en accord avec l'auteur, chaque interprétation doit être perçue comme parcellaire et forcément réductive.
Mais c'est l'essentiel de la démarche scientifique que de poser les éléments de la méthode d'approche et d'analyse. Les anthropologues dignes de foi qui se sont intéressés à l'Alchimie l'ont fait, C.G. Jung y compris, Micea Eliade, Antoine Faivre et tant d'autres.
Ils nous appartient donc de lire ces auteurs et d'en tirer les conclusions que nous voulons d'après leur méthode d'approche. Nulle question de croyance là-dedans ! Nous sommes ce que nous pouvons être et rien de plus.
Certes la Vérité est écrite partout, dans la Nature, sur les piliers et dans l'architecture des églises mais quelle difficulté à lire !
S'il se trouve des personnes inspirées qui nous disent en savoir plus, pourquoi pas ! Mais leur parole doit être passée au filtre de la Raison, pas forcément comme le voudrait un rationaliste, pas comme le souhaiteraient des mystiques. Il existe des voies intermédiaires, comme C. G. Jung l'avait proposait en son temps. C'est un point de départ, une méthode d'approche comme une autre.
Alors, nous livrer toutes ces préventions qui aboutissent à une sorte d'acte de foi qui nierait les autres à côté ou antérieurs, relève du prosélytisme.
Notre démarche consiste d'abord à dépouiller toutes les informations, d'où qu'elles viennent et d'en tirer de modestes hypothèses. Cela va au rythme très lent des Hommes et de l'Histoire. Pas d'équipée fantastique qui nous projetterait dans un monde merveilleux, mais une lente marche vers la Conscience. J'ai choisi cette voie et je m'y tiens.
Alors qu'est-ce que l'Alchimie ?
Je ne reviendrai pas sur ce que C. G. Jung a apporté à la compréhension de l'Alchimie. Je me base sur ses travaux pour avancer et élargir mon champ d'investigation.
Et si nous nous appuyons sur l'hypothèse selon laquelle il existerait dans l'initiation alchimique une sorte de représentation d'un itinéraire intérieur, nous pouvons aussi nous dire que l'Alchimie constitue également une ascèse méditative, au même titre que le Yoga sous ses différentes formes et écoles, que les ascèses taoïstes etc.
J'ai exploré cette voie pour parvenir à cette quasi certitude : L'Alchimie est bien un modèle d'ascèse et à ce titre elle est pour l'Occidental le Yoga qu'il cherche dans la lointaine Asie.

On a dit aussi que l'Alchimie était l'ancêtre archaïque de notre Physique, de l'Astronomie et de la Physique atomique.
Si nous nous en tenons à la méthode d'approche des événements de la Nature, c'est une évidence historique ! Les axiomes de nos méthodologies modernes ont été élaborés du temps des encyclopédistes. Blaise Pascal a posé les bases de la méthode expérimentale, à peu près de la même façon que le faisaient les alchimistes, par l'observation de la Nature. Et ce contre l'avis et le mépris même du plus grand des rationalistes : Descartes.
Cela laisse à penser que dans tout progrès humain, la part du non rationnel, de l'observation et surtout de l'intuition est déterminante.
Dans tout projet scientifique, il y a, plus ou moins avoué, la volonté d'accéder au sens profond de la Nature. Cela renvoie à une démarche mystique.
Mais si nous explorons un peu plus à fond cette dimension de recherche rationnelle associée à une initiation intérieure, nous devons convenir que l'Alchimie demeure encore mystérieuse. En effet, il ne suffit pas d'être astronome pour accéder à une sorte de sagesse individuelle. Les fait récents nous diraient plutôt le contraire. Même si de nombreux physiciens s'essayent à la Nouvelle Science, sorte de synthèse entre la raison et la mystique. Il est encore loin le temps où nous verrons des écoles de sagesse sortir de nos laboratoires scientifiques...
Alchimie et mystique
Que l'Alchimie fonde également une éthique du monde ne fait pas de doute pour moi. Le mouvement écologiste me paraît être dans la droite ligne de cette vision globaliste du monde que prône l'Alchimie. Mais nous n'en sommes pas encore à la perfection ou, plus modestement à l'évocation d'une voie opératoire/opérationnelle.
Dans un temps où les dogmes s'écroulent, le retour au Mythe se constitue comme un recours ultime, et toutes les cultures y ont souscrit à un moment de désarroi, c'est-à-dire de crise. Nous n'en n'avons pas fini avec l'Alchimie. Est-ce que le livre de Paulo Coelho, L'alchimiste, et l'engouement qu'il a soulevé montre qu'il demeure en nous un soupçon de croyance magique, un besoin de merveilleux ? Nous avons épuisé toutes les ressources que la planète nous offrait, le Bouddhisme, le Tantrisme, les cultures amérindiennes, etc. Maintenant il nous reste le passé, l'Alchimie en fait partie avec sa théorie de fantasmes et de vérités.
C'est ce qui me fait dire que l'Alchimie, à coup sûr est un mythe. Ce n'est sûrement pas que cela mais c'est tout de même un recueil de légendes, de faits avérés, de doctrines plus ou moins religieuses, de rumeurs et de fantasmes.
Plus haut j'ai laissé soupçonner qu'il pouvait y avoir dans l'Alchimie une sorte de vision du futur. Je n'en doute pas un seul instant. Pourtant, il/elle n'est pas prêt/e celui/celle qui nous traduira les mystères de ce mythe.
Mythe et création
A l'origine de toute création il y a l'imaginaire et l'histoire des découvertes et des inventions nous le prouve assez. Cette imagination, initialement individuelle, se fait collective grâce à des supports de toutes sortes. Le livre n'est qu'un support parmi de multiples autres : le graphisme, la sculpture, l'architecture, etc. En devenant collective, l'expression de l'imagination sort d'une certaine forme d'archaïsme, des légendes s'agglutinent, d'autres disparaissent. Il se produit pour les fruits collectifs de l'imagination à peu près les mêmes choses que pour une langue... L'Alchimie, comme vision du futur s'invente tous les jours dans les rêves des Hommes.
Mais ce n'est sûrement pas cette Alchimie à laquelle beaucoup font référence, celle en tout cas à laquelle notre auteur, lui, se réfère de manière nostalgique.
A une époque où chacun s'applique à découvrir La doctrine sacrée, qui dépasserait toutes les autres, il est évident que mes propos peuvent en laisser beaucoup sur leur faim.
Tel est cependant cet avis personnel que tu me demandais.
El Baz Paris, le 04/04/98
 

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La violence urbaine — Point de vue

-----Message d'origine-----
De : Stéphane DESROZIERS
À : Il 'l Baz
Date : dimanche 29 mars 1998 13:31
Objet : correspondance

Salut,
je me prénomme Stéphane et j'ai un centre d'intérêt commun avec toi, même si mon approche est beaucoup plus terre-à-terre. Néanmoins, je me passionne également pour le Maghreb. Je connais bien le Maroc (j'y ai ma belle famille, mon épouse étant marocaine) ainsi que la Tunisie. Je dois dire que je suis ravi de constater que l'essor économique est sur une pente ascendante ; maintenant reste à en apprécier le degré ! Quant à l'Algérie, je reste bien entendu particulièrement inquiet : la situation est explosive et mériterait une plus grande attention de la part des Instances Internationales. Cependant, la question est de savoir si cela intéresse vraiment quelqu'un ?
A dire vrai, je me passionne d'une façon générale pour l'Afrique : elle regorge une réelle richesse humaine qui ne doit pas laisser insensible un Anthropologue ! En tous cas, j'y ai des souvenirs grandioses et je compte bien continuer à explorer cette fabuleuse richesse.

J'aimerais également m'entretenir d'un sujet qui me tient à cœur et qui doit également t'intéresser : il est plus proche de nous mais s'affirme comme un réel problème de société, de notre société. Je dois te dire que je suis fonctionnaire de Police à Lyon, Gardien de la Paix. Je suis très intéressé par le "phénomène" des banlieues. J'aimerais savoir ce que tu en penses et si tu as une idée de son issue, de son développement. En ce qui me concerne j'ai une approche extrêmement pessimiste du sujet. Je suis particulièrement intrigué par l'évolution de la violence. Il est vrai que dans le cadre de ma profession, je la côtoie régulièrement et qu'il est difficile de la réfléchir de façon parfaitement neutre. C'est pourquoi je pense que de par tes origines, ton orientation universitaire, tu as une idée intéressante à me proposer sur ce sujet.
Je te remercie de me faire part de tes idées : je n'ai malheureusement pas la possibilité de t'apporter des éléments précieux sur tes centres d'intérêt qui sont quelque peu trop ardus mais néanmoins, je pense être en mesure d'échanger quelques idées, si modestes soient-elles !

J'ai eu l'occasion de m'entretenir régulièrement avec ma belle famille marocaine dont certains ont suivi des cursus universitaires appropriés : l'un est docteur en économie et prof à la fac de Marrakech, un autre est docteur en math et maître de conférence à la fac de Poitiers, un autre est justement cadre supérieur dans la branche import/export (Casablanca). Bref, j'ai ainsi pu avoir des discussions intéressantes et détaillées sur la question du développement du Maroc.
J'ai aussi pu mesurer les différences économiques entre la Tunisie et le Maroc, l'impact touristique etc.
Bien cordialement, Stéphane (signard@infonie.fr)

Ma réponse
Bonjour Stéphane ! Comme promis, j'essaie de répondre à ton mail de façon précise.
Je laisserai de côté tout ce qui concerne le Maghreb, nous pourrons reprendre notre échange une autre fois, espérant que nous en aurons l'occasion sur la liste de diffusion " Maghreb ".
Je parlerai du phénomène de violence dans les banlieues auquel tu es confronté dans l'exercice de ton métier.
Tout d'abord, je dois te dire qu'il ne faut pas être impressionné par les universitaires et leur titre. Sache que ce n'est pas à l'université, surtout dans le domaine des Sciences Humaines que l'on peut trouver des pistes pour aborder ces phénomènes. En principe, l'université est faite pour lancer des idées neuves, les rendre opérationnelles, transmissibles... Au lieu de cela nos établissements d'enseignement supérieur se sont transformés en chambre d'enregistrement des idées éculées, vieillottes et dogmatiques. Actuellement l'invention de nouvelles formes de vie vient du " terrain ", c'est à dire des individus qui sont confrontés à la réalité et obligés d'inventer des solutions acceptables et fiables.
Ainsi, ne fais pas de complexe et ne sois pas impressionné par le pédantisme des " savants ". Ils pérorent car ils ne savent rien d'autre que ce qui est figé dans leurs vieilles tablettes d'argile.
Quant à moi, je viens du terrain. Je ne prétends pas pour autant détenir des solutions, bien au contraire, plus j'avance et moins je sais. J'ai débuté dans les cités d'urgence de l'antique Seine et Oise, comme éducateur de rue. J'y ai appris ce que j'ai ensuite tenté de mettre en forme par des textes ou des propositions d'action. A l'époque on nous demandait surtout de faire en sorte qu'il n'y ait pas de vague, que la violence soit circonscrite aux cités d'urgence.
J'ai sillonné les allées de nombreuses cités et la violence que j'ai rencontrée n'était pas toujours celle des bagnoles que l'on brûle ou des vitrines que l'on casse.
La dépression des femmes, les suicides d'adolescents, les fugues, les violences conjugales, les attitudes défensives voire suicidaires en toutes circonstances de la vie, furent mon lot quotidien. Ce sont autant de manifestation d'une désespérance globale, qui traîne partout. Dans les foyers, dans les ascenseurs, chez les médecins, dans les lycées, etc. Et cela date des années 70. Il aura fallu plus de 20 ans pour que l'on consente à s'intéresser à un phénomène qui n'est pas surgi ex nihilo.
Dans les équipes que j'animais, nous avons souvent travaillé avec la police nationale, avec la Justice, pour trouver des individualités sensibles à une vision globale du problème. Mais des institutions totalement cloisonnées, que cette violence dérangeait et de notre hiérarchie qui nous imposait des solutions toutes faites, ressemblant à celles que l'on retrouve actuellement dans les circulaires administratives, j'ai retiré la vague impression que ce problème n'intéressait personne. Autant dire que, selon moi, nos mentalités n'ont guère évolué à ce propos.
Ce qui signe également la démission, le désintérêt profond des édiles et des intellectuels qui voudraient maintenant nous apprendre telles ou telles choses fort expertes. L'amplification médiatique conduit à des solutions arbitraires, sans lien les unes aux autres et surtout sans vision du futur. Le syndrome sécuritaire conduit à une certaine panique.
Le problème de la violence dans les banlieues se pose surtout dans les rumeurs qui s'en nourrissent. Nous avons laissé s'amplifier un phénomène auquel nous n'avons accordé aucun intérêt et qui s'est transformé en vaste problème de société. De plus à ne s'occuper que de l'expression d'une forme particulière de violence nous continuons de laisser de côté tous les aspects du problème qui pourraient être à l'origine de ces faits.

Avant d'évoquer l'origine de la violence, il nous faudrait en donner une définition qui colle aux faits.
La violence, qu'est-ce que c'est ?
Nous cristallisons notre attention sur l'expression marquante de certaines formes de violence, les plus spectaculaires, celles qui mobilisent de nombreuses troupes de pompiers, de policiers et de journalistes. Malheureusement nous ne connaissons, nous autres spectateurs, que la violence spectacle, cela, certains individus l'ont bien compris. Le phénomène de la république spectacle attise ou génère donc une violence spécifique qui n'a pas d'autre but que d'attirer la caméra.
Il existe aussi une violence incompressible qui est le fait de criminels. Toute société génère une certaine part de criminalité qui relève donc d'une approche spécialisée. Actuellement, l'on confond trop souvent cette criminalité avec l'expression d'un malaise profond qui prend de multiples formes.
Les actes destructeurs et autres actions de vandalisme gratuit font l'objet de rumeurs qui empêchent la résolution du problème da manière distanciée, en dehors de toute forme d'idéologie ou d'attitude préconçue. Car il est nécessaire de sortir du jeu des passions pour aborder ce problème de société. J'ai rencontré de nombreux éducateurs qui, malgré leur bonne foi, se trouvaient piégés par les idées à la mode. Ils étaient incapables d'avoir une approche pondérée, donc efficace. À leur manière, en ayant choisi un camp, ils hurlaient avec les loups.
Il n'est pas possible de parler de violence si l'on n'introduit pas la question du seuil de tolérance à son expression.
Dans une culture, comme celle des sociétés urbaines et industrialisées, il n'est plus question que de quête du bien être, de stabilité, de santé - pour ce que cette notion a d'utopique. Tout cela passe par la fièvre consommatrice. On achète le bonheur ! Partout, c'est la frénésie d'acquisition d'un paradis. Tant pis pour ceux qui n'ont que la possibilité d'acquérir quelques kilos de riz pour survivre, même si dans leur budget il y a les traites de la voiture. Ce problème ne peut trouver sa solution de façon individuelle. C'est notre conception de la société, notre morale sociale qui sont en jeu et en ce sens, nous sommes tous concernés.
Il est certain que les idéaux qui fondent toute société en cimentant les communautés entre elles autour d'emblèmes communs, se sont perdus, la solidarité notamment. Par suite notre seuil de tolérance s'est considérablement abaissé. Nous supportons de moins en moins l'expression des autres. Celle-ci devient très vite un acte de violence. Si bien que tout acte qui nous perturbe dans notre quiétude est vécu comme une atteinte personnelle. D'où un climat de peur, de suspicion et de défense.
Cela induit deux conséquences importantes :
1 - Faut-il qualifier comme faits de violence des actes qui sont certes des délits mais qui, à bien y regarder, peuvent être envisagés comme les tribulations parfois dramatiques d'une sorte de passage de l'adolescence à l'âge adulte ?
Des bris de matériel communal sont-ils représentatifs d'actes caractérisés de violence répréhensibles au même titre que l'agression d'une personne ?
J'ai vu des gamins de 12 à 15 ans passés au crible des enquêtes de police et de la justice parce qu'il avaient cassé des lampadaires sur un stade.
Je ne dis pas qu'il faille tolérer ces comportements mais devons-nous faire face à ces actes de la même façon qu'avec un dealer ou avec un individu qui agresserait le quidam dans les couloirs du métro ? Pourquoi en arriver à poser une telle question ?

Dans les années 80, j'ai été confronté à une histoire de violence gratuite.
Cinq adolescents, enfants d'une petite bourgeoisie de banlieue terminent leur soirée de samedi en entrant par effraction dans un pavillon vide. Il continuent leur beuverie en vidant toutes les alcools qui leur tombent sous la main. Ils cassent ensuite toutes les bouteilles de la cave. Probablement fin saouls, ils saccagent ensuite la maison, détruisant tout, télévision, chaîne HF, appareils de cuisine, etc. Se réveillant tranquillement le lendemain dans leur lit douillet, ils ne seront inquiétés que plusieurs semaines après. Mais la justice ne passera pas car leurs parents auront trouvé un accord avec les propriétaires de la villa. Je connais chacun de ces adolescents, ils ont maintenant 30 ans environ. Tous ont un emploi, une famille et mènent une vie paisible. Certains évoquent cet épisode avec fierté et l'on sait, à les écouter, qu'ils n'en étaient pas à leur coup d'essai.
Un juriste pourrait-il nous dire combine cela leur aurait coûté si la plainte avait été instruite ? Quelle leçon tirer d'un tel épisode ?
En premier lieu, le délit ne fait pas de doute. Cependant, dans le règlement amiable de celui-ci, le statut social des parents a joué une rôle considérable. En fait, une négociation directe entre les parties a permis d'éviter à ces jeunes gens de bonne famille l'humiliation d'une enquête publique et une condamnation pénale.
En fait, la solidarité de village a joué efficacement et un délit s'est transformé en un acte pris en compte par les parties de manière solidaire. Chaque membre du commando ayant ainsi défié la loi parentale, représentée ici par les propriétaires de la villa, s'est retrouvé le lendemain à devoir rendre des comptes à père et mère.
Il existe donc bel et bien des règlements possible de certains actes de vandalisme sans passer par des humiliations.
Si ces vandales avaient appartenu à des familles de banlieues grises, que se serait-il passer ? La solidarité de village aurait-elle joué.
J'ai une réponse : Quinze ans après les faits, ces parents dont les enfants s'étaient un jour transformés en vandales de la nuit, furent confrontés à un délit mineur perpétré par deux jeunes de leur village mais habitant un quartier difficile. Que croyez-vous qu'ils firent ? Pensez-vous que le souvenir leur vint des saccages commis par leur progéniture, les amenant à une certaine mansuétude, un peu de compréhension du préjudice que deux jeunes venaient de leur faire subir ? Croyez-vous que l'idée leur vint d'aller voir les parents des responsables ? Non ! Ils restèrent très fermes sur leur position, une plainte en bonne et due forme qui valut à nos jeunes une condamnation en correctionnel.

Nous voilà face à trois faits de violence sociale traités de manière arbitraire :
Une délinquance occasionnelle perpétrée par des enfants de nantis,
La même délinquance perpétrée par des enfants de classe X,
Une délinquance à col blanc qui fait subir à notre société une préjudice colossal.
Classe sociale et catégorie socio-culturelle
Classe X car on ne peut pas dire que ces familles soient toujours pauvres. J'ai évoqué plus haut les traites d'une voiture, voire d'un pavillon. Si bien que l'on peut facilement me rétorquer que ces familles pourraient mieux gérer leur vie.
Tel est à mon sens le problème important, celui de l'appartenance à une classe " culturelle ". Certaines familles se trouvent piégées par le bombardement médiatique et publicitaire, d'autres ont accès à la société globale et peuvent transmettre à leur enfants des valeurs différentes qui rangent les frasques de l'enfance au rang d'anecdotes.
De tels faits sont fréquents, ils démontrent l'existence d'une profonde détresse collective, que chacun compense à sa manière, selon les influences de la niche culturelle où il vit. Il nous est donc impossible d'éluder la question cruciale de l'appartenance culturelle qui transcende les clivages de classes, au sens marxiste du terme.
Il existe un lien puissant entre l'adolescent qui se suicide dans sa chambre confortable, le même individu se livrant à des actes de vandalisme mais qui réintègre la société et le " violent " primaire qui, au même âge que les autres, se trouve piégé par une impossibilité de " raisonner ses actes " parce que sa famille n'a as été en mesure de lui livrer les outils de cette distanciation.
Au fond, ce qui est posé, ce n'est pas le problème de la violence mais celui de l'éducation.
Négociation et éducation
Pourquoi, dès lors, quand on est conscient de cela ne pas introduire des médiateurs qui pourraient jouer les intermédiaires et faire en sorte que les actes de violence d'adolescent ne pèsent pas sur le futur d'un jeune individu, tout en respectant la question des responsabilité ? Sortir du règlement pénal ! Ce type de solutions qui permettrait de dédramatiser tout en acceptant le jeu des compensations (préjudice financier) pourrait être repris au bénéfice des catégories sociales suspectées d'être des sources de violence.
Cette anecdote montre assez que l'appréciation du délit est polluée ou influencée par un statut social ou par une appartenance à un groupe, banlieue, beur ou autre. Mais la conscience indestructible d'être dans son bon droit nous fait aussi oublier la morale la plus élémentaire.
Cela relève du civisme de base et, par suite, d'une prise de conscience collective, d'une éducation, d'une information qui serait fondée d'abord sur un partage des valeurs essentielles qui scellent une communauté. Tout en faisant de la prévention auprès des populations potentiellement violentes, il conviendrait d'apporter des informations qui permettraient également de nous éclairer sur nos droits et devoirs de citoyens. Il ne suffit pas d'être conscient de posséder des droits, ceux-ci sont, la plupart du temps, équilibrés par des devoirs.
J'ai développé mes arguments sur cette anecdote afin de dire que nous devons avoir face à la violence des attitudes pondérées et très nuancées, différentes de celles qui obéissent à la dialectique commune délinquance/répression. Prendre des mesures contre la violence, c'est d'abord la définir, ensuite se donner des moyens d'y faire face en envisageant des solutions globales. C'est toute une société qui doit se mettre en œuvre et cela impose des négociations, des dialogues et le soutien des autorités. Cela contraindrait certains institutionnels à sortir de leur paresse atavique.

2 - Il résulte également des faits actuels une attitude de plus en plus répandue de dépit face à la Justice et à la Police. Il y a 30 ans, sur le terrain, je n'entendais pas : " De toute façon, on est dans le collimateur des flics. ! Nous on nous fout en prison, les XXX et autres riches, on les met en examen ! Et regardez, ils volent des millions de francs. " Désormais cette opinion prévaut dans toutes les couches sociales. Les institutions, qui sont le lien d'une Nation, se délitent lentement...
Sentiment d'une justice à deux vitesses ? Sûrement, mais aussi imprégnation par des nouvelles qui fomentent des rumeurs qui prennent le pas sur la vérité, d'où des manifestations de plus en plus fréquentes d'incivisme.
Il s'agit d'une autre forme de violence, informelle, incontrôlable et qui trouvera de plus en plus souvent des " conducteurs ", des guides, si ceux qui devraient réfléchir à nos problèmes de société persistent à fonctionner selon des critères inopérants. Cette violence constitue à terme le ferment d'une phase pré-révolutionnaire, tout en sachant qu'il n'y aura pas de révolution telles que celles qui ont précédé notre ère. Cette violence, rampante, de forme insidieuse traverse toutes les couches de la société. Elle n'épargne personne. De ce point de vue, il existe une analogie entre le vandalisme urbain, le sabotage professionnel et certaines formes d'absentéisme.
L'enfant des banlieues casse, le cadre nourrit son cancer, l'employé somatise, la caissière oublie d'enregistrer certains produits ...
À l'origine, le même malaise ! Médiatiser l'un au détriment des autres relève d'une grave erreur d'évaluation anthropologique.

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Races, groupes sociaux et racisme

-----Message d'origine-----
De : Il 'L Baz
À : anthropo@sorengo.com
Cc : berger@lmi.fr
Date : dimanche 12 avril 1998 16:24
Objet : [anthropo] Les races

Bonjour,
Pierre Berger écrivait :
" Dans le même ordre d'idées, je m'intéresse en ce moment au problème de la race (notamment parce que c'est un thème crucial pour les Américains, à l'occasion en particulier de leur prochain recensement).
Savez-vous si cette question, o combien dangereuse à aborder même de loin, est abordée par les anthropologues ?"
Ma réponse
Le problème de la race est un sujet très délicat à traiter pour les Anthropologues.
Lévi-Strauss a produit un opuscule Race et histoire, folio essais, 1987 qui constitue sa contribution à une série d'articles publiés en 1952 par l'UNESCO et consacrés au racisme. Il y expose les grands traits du "Structuralisme". Un chapitre très important est dédié au Progrès. Si cette étude est une base sur laquelle rebondir, à mon sens, Lévi-Strauss ne résout pas la question : "Les races existent-elles ?".
Dernièrement un excellent dossier a été publié par le Courrier International N° 580, du 12 au 18 février 1998, pp 44 et ss. Un début de conclusion y est apporté par la génétique. La génétique dément l'existence de races. Et cette notion serait en fait une invention culturelle récente datant du temps des conquêtes coloniales. Ce n'est pas la première fois que les développements récents d'une discipline quelconque tentent de ranger au rayon des croyances ce qui était "évidence scientifique" au siècle dernier. Ce qui tendrait à montrer que nous vivons encore dans des relents d'archaïsme datant de ce siècle.
La question de l'existence des races repose sur des mythes grecs de hiérarchie de l'univers. Il est surprenant que cela soit devenu un problème anthropologique et que certains chercheur s'attachent encore à vouloir prouver qu'un groupe ethnique donné est supérieur à un autre sur tel ou tel plan. Il nous reste donc à nous intéresser aux raisons qui ont conduit nos cultures à ériger la race au rang de sujet d'étude. Le problème est de première importance car il pourrait donner des indications sur les dérives épistémologiques des Sciences Humaines.

Voici l'URL du Courrier International : http://www.courrierint.com
Ce site dispose d'archives importantes et vous y retrouverez le dossier cité plus haut.

 

Sur les articles de Leila Zouggari

Monsieur,
Avec quelle élégance et quel talent Leila Zouggari "possède" la langue de Racine, elle la triture , la fripe. la repasse et la retend pour lui faire extraire tout son jus afin d'exprimer les plus fines nuances de la pensée : " la dualité est un combat interne entre ce que nous sommes réellement et le façonnement des croyances quelles qu'elles soient [...] afin que l'amour ne se mue pas en joug, il faut apprendre que « donner » n'induit pas toujours « accepter » ni « redonner » et que l'éventualité « refuser » a les mêmes probabilités du large éventail des réactions humaines. Aimer est un subtil chemin d'unité ente deux entités où le choix reste la plus belle expression de la liberté pour chacun ". J'ai commencé par lire, pensant qu'il s'agissait de l'Islam et j'en étais agréablement surpris ; touché encore par l'omniscience savamment dosée. Cette écrivaine est un génie qui mérite que les critiques s'y arrête...
Je souhaite que mon message, Monsieur, soit transmis à cet auteur de talent. Mes remerciements et ma gratitude d'avance .
Roger Rajaa

Message transmis !


Monsieur Illel Kieser,
C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai lu l'article de Leila Zouggari sur les croyances et comme dans chacun de ses articles j'ai l'impression qu'elle parle de moi de mon mari de mes amis . Quelle sagacité d'analyse . Ce professeur est unique dans manière d'écrire et de discourir, sans effort apparent et mine de rien elle traite ce qui touche les humains avec une universalité sans pareille .Elle vous a cité et je sais qu'elle ne fait jamais de faveur, elle ne cite que des grands .
Poussé par la curiosité j'ai lu les tambours de la liberté, il est sensationnel cet article . Tant de poésie et de musique pour parler de  la liberté et des chaînes de l'enfance avec des descriptions qui rappellent des toiles d'impressionniste et je vois ce qui a touché mon professeur cette grande dame si cultivée et si humaine : c'est l'humanisme et la souffrance humaine . merci à vous deux mes chers écrivains pour ces articles hors du commun qui touche le fond humain.
Hélène

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